COLLOT d'HERBOIS

Jean-Marie Collot, dit

Age : Né à Paris, 45 ans en Thermidor an II

Adresse : 4 rue Favart (3ème étage)

Métier : Acteur, directeur de théâtre

Fonction(s) : Elu député de Paris à la Convention le 6 septembre 1792, membre du Comité de Salut Public depuis le 5 septembre 1793.

Origine et parcours de Collot d’Herbois

Fils d’une famille de marchands orfèvres parisiens, Jean-Marie Collot quitte rapidement les Oratoriens pour embrasser dès quinze ans la carrière du spectacle. Acteur, il se met dès l’âge de vingt ans à l’écriture de pièces et voyage à travers toute la France et au-delà (Provinces Unies). Passé directeur de troupe, il devient directeur de théâtre à Lyon et Genève dans les années 1780.

De retour à Paris en 1789, il se concentre sur l’écriture de pièces, fréquemment jouées au Palais-Royal. Avec la Révolution, il fréquente les Cordeliers et écrit des pièces patriotiques. Il se fait remarquer grâce à l’Almanach du Père Gérard en 1791, et figure parmi les membres de la Commune insurrectionnelle le 10 août 1792(1)cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 98.

Collot d’Herbois réside dans la section Lepelletier, l’une des plus riches de Paris et principal quartier de la finance, de la grande banque et de l’agiotage. Aux côtés de Vergne, Thomet, Chrétien, Desfieux, Clavière ou Brissot, il participait à la minorité patriotique d’une section très modérée et entièrement dépourvue d’ouvriers(2)cf. Arnaud de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957 pp. 9-10, 13 (+ note p. 11).

Conventionnel en mission

Elu député à la Convention, il part en mission à Nice dès novembre 1792, puis à Orléans en mars 1793 pour enquêter sur l’émeute suscitée par la venue de Léonard Bourdon. Le mois suivant, il part pour la Nièvre afin d’organiser la mobilisation(3)cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois — Légendes noires et Révolution, P.U.L., 1995, p. 124. Durant l’été, il effectue encore des missions dans l’Oise et dans l’Aisne(4)cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 98.

Collot d’Herbois en mission à Lyon

Entré au Comité de salut public le 5 septembre 1793, il dénonce aux Jacobins le 17 octobre 1793 l’état de rébellion de la ville, qu’il attribue à l’emprise des riches. Il y revient régulièrement jusqu’à son départ pour Lyon, annoncé le 29 octobre(5)cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois — Légendes noires et Révolution, P.U.L., 1995, pp. 126-127. Le choix de sa personne en remplacement de Couthon peut s’expliquer par ses bons états de service lors de ses missions précédentes, sa connaissance de la ville(6)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 124, 128 et probablement l’appui de Robespierre(7)cf. G. BOUCHARD, Prieur de la Côte d’Or, p. 446. Collot semble lui-même le confirmer dans la lettre qu’il lui adresse le 3 frimaire an II. Dans sa défense de l’an III, il l’interprétera comme un piège que lui aurait tendu l’Incorruptible(8)cf. J.-M. COLLOT d’HERBOIS, Éclaircissements nécessaires sur ce qui s’est passé à Lyon (…), Paris, an III, p. 23.

Son action, secondée par des militants parisiens se heurte bientôt aux Jacobins lyonnais(9)cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 98.

Répression

Si la déportation et les démolitions(10) Collot en a toutefois dirigée au moins une, cf. Louis MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 121, d’après une lettre de Collot au Comité, du 7 novembre 1793 ; A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. VIII, p. 287, décrétées à l’encontre de la ville dans le décret de la Convention du 12 octobre 1793 ne seront jamais entreprises(11)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 137-139, il sera bien procédé à des exécutions massives.

Probablement arrivé le 14 brumaire, Collot juge que la situation à Lyon exige l’attention de plusieurs représentants en mission. Insatisfait du fonctionnement des organes répressifs institués par ses prédécesseurs Couthon et Maignet(12)Voir sa lettre au Comité de Salut Public du 17 brumaire an II (7 novembre 1793), cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 88-89, il organise probablement seul avec Laporte la Commission temporaire de surveillance républicaine, instituée par décret le 20 brumaire. La participation de Fouché à son élaboration, malgré sa signature(13)cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 2-5, est improbable, datant du lendemain(14)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 131, voire du jour même(15)cf. cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 121 de son arrivée.

Cette Commission temporaire de surveillance sert d’intermédiaire entre les représentants et les administrations ou autorités régulières (qu’elle peut épurer). Elle est chargée de procéder aux taxes, séquestres, à la « lutte contre le fanatisme » et l’approvisionnement, au triage des dénonciations et à l’instruction des actes d’accusation. L’ampleur de la tâche répressive à accomplir conférera à ses vingt membres divisés en deux sections, (l’une départementale et ambulante, l’autre résidant dans la ville même(16) Sa section permanente est composée de : Guyon, Verd, Duhamel, Boissière, Gaillard, Agar, Marcillat, Perrotin, Molin aîné et Molin cadet, presque tous de Paris ou Moulins. Pour un aperçu des actes de cette commission, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 1-40) une large autonomie d’action(17) qu’ils paraissaient déplorer dans leur correspondance du 27 brumaire, M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 132. Collot pour autant, en l’an III, demeurera solidaire de ses actes(18)cf. Réponse de Collot à la pétition des Lyonnais, Paris, an III, pp. 23-24.

Du 7 au 17 frimaire, il exerce conjointement ses fonctions avec trois autres représentants : Albitte, Laporte et Fouché, dates pendant lesquelles ont lieu les plus sanglantes répressions(19)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 130. Le 7 frimaire est également créée une « Commission révolutionnaire » – surnommée Tribunal des sept, bien que composée seulement de 5 membres : Parein(20) mentionné dans un rapport d’espionnage de Guérin du 4 messidor adressé à Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 366 ; fait partie de la « liste des patriotes » dressée par Robespierre? (sous le nom de Parent, « Général de division, et président de la commission révolutionnaire à Commune-Affranchie » d’après la note 26), cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, p. 9, Corchand (parisiens), Brunière (nivernais), Fernex(21) Fait partie de la « liste des patriotes » dressée par Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, p. 9. Il se plaignit toutefois des critiques que celui-ci aurait émis à son encontre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, pp. 193-195 et Lafaye (originaires de la région) – chargée de juger l’ensemble des prisonniers par l’acquittement ou l’exécution(22) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 133-134. Dès le 26 octobre, Albitte avait proposé des exécutions massives et simultanées pour éviter les actes d’héroïsme individuels(23) Cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 142 ; Dorfeuille, président du Tribunal révolutionnaire lyonnais, parle de condamnés hurlant : « Je meurs pour Louis XVII !« , cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 117. Le 14 frimaire, 60 condamnés (24)par le Tribunal des sept, cf. Salomon de la Chapelle, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 139-140 ; L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 135 sont amenés aux Brotteaux et canonnés au bord d’une fosse commune. Le lendemain, l’opération est renouvelée sur un peu plus de 200 condamnés. L’organisateur de l’opération, le lieutenant-colonel Grandmaison, la décrit comme peu efficace(25) Ce qui fut confirmé par les membres de la commission révolutionnaire : cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 143, les décharges de canon faisant plus de blessés que de morts, et leur nécessaire achèvement entraînant la réticence d’une partie des soldats et occasionna même des échauffourées entre l’Armée révolutionnaire et les dragons, qui protestèrent(26)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 145 ; Rentré à Paris, Collot devra arbitrer un nouveau litige entre armée révolutionnaire et armée régulière, cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 165. Contrairement à ce qui sera allégué pendant l’an III, il paraît attesté que Collot n’a pas assisté à ces exécutions(27)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 144. Mais cette brève et macabre expérimentation attire sur lui et ses collègues une sourde réprobation dans toute la ville, perceptible à travers plusieurs des déclarations des représentants où ils assument la dureté de leur tâche(28)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 146 ; S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 142-144. Si ces canonnades seront désormais proscrites, le mois de nivôse fera presque autant de suppliciés (plus de 500) qu’en frimaire, et pluviôse reste élevé (plus de 350), avant de décliner plus rapidement les mois suivants, où les fusillades sont elles aussi abandonnées, laissant la guillotine comme seul mode d’exécution(29) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 146-147.

Déchristianisation

Collot avait déjà organisé la chasse aux symboles religieux avec Laplanche durant le printemps 1793 dans la Nièvre, en conformité avec l’interdiction par la Convention du port ostentatoire d’habits religieux. La confiscation d’objets de culte en or ou en argent rentrait également dans le cadre de la réquisition des métaux précieux(30) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 151.

A Lyon, il participa à l’hommage rendu à Challier place des Terreaux le 20 brumaire. Son allocution ne fut pas si ouvertement irrespectueuse envers la religion qu’il a été dit plus tard, et son implication dans le déroulement de la suite de la fête, qui tourne à la mascarade religieuse, n’est pas établie(31) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 150. L' »Instruction adressée aux autorités constituées des départements de Rhône et Loire (…) par la commission temporaire de surveillance républicaine établie à Ville-Affranchie par les représentants du peuple« (32)cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 6-13 (approuvée si ce n’est rédigée par Collot et/ou Fouché, datée du 26 brumaire an II) est certes très hostile aux prêtres et aux signes et manifestations extérieures de catholicité(33)cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 130-131 (car pouvant heurter les citoyens d’autres confessions), il attaque le culte en termes plus proches d’une vision protestante qu’athée(34) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 152, prônant l’exercice d’un culte moins superficiel et plus intériorisé.

Les prêtres exécutés à Commune Affranchie (7% des condamnés) le furent surtout en fonction des lois prises en mars 1793 contre les réfractaires, en tout cas aucunement en fonction d’un arrêté local spécifique. Selon Michel Vovelle, la déchristianisation fut surtout le fait de Javogues(35) cf. sa lettre à Collot du 28 brumaire, M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 150-151 ; M. VOVELLE, Religion et Révolution, Paris, 1976, pp. 240-248, Albitte et Maignet(36) soutenu par Fernex, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 195.

Conséquences de la mission lyonnaise

Alors que démarre à Paris la lutte entre les factions « indulgentes » et « exagérées », la violence contenue dans la lettre de Ronsin du 15 frimaire rendue publique par les Cordeliers jette le trouble sur la répression lyonnaise : « La guillotine et la fusillade ont fait justice de plus de 400 rebelles, mais une nouvelle commission révolutionnaire vient de s’établir, composée de vrais sans-culottes ; mon collègue Parein en est le président, et dans peu de jours, la mitraille lancée par nos canonniers nous aura délivrés, en un seul instant, de plus de 4000 conspirateurs. Il est temps d’abréger les formes »(37) cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 159.

Une pétition de lyonnais(38) cf. B. N., Lb41 3567, lue à la Convention le 30 frimaire (et qui a provoqué le retour de Collot à Paris), sans condamner la répression dans son principe, regrette que les commissions temporaires lyonnaises créées après le départ de Couthon aient commis un inutile carnage au lieu de s’en tenir aux chefs de la conspiration. Cette pétition rencontre, malgré la vigoureuse réplique de Collot, un certain écho(39)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 162-163.

La certitude du désaccord de Robespierre sur la sévérité de la répression lyonnaise est remise en question par l’historiographie depuis une cinquantaine d’années(40) cf. R. COBB, Les Armées révolutionnaires, instrument de la Terreur dans les départements Avril 1793 – Floréal an II, 1961-63, p. 537 ; cf. Paul MANSFIELD dans la revue French History 1988, pp. 96-101. A la transparence de Collot, visible dans sa correspondance avec Robespierre(41)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 147 (Lettre de Collot à Maurice Duplay), ce dernier semble répondre par de fréquentes affirmations de soutien quant à l’action accomplie à Lyon(42)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 147-148, et ne s’en dégage après son retrait du Comité de salut public que pour déplorer un ralentissement du zèle de la Commission temporaire après ses vigoureux débuts(43) le 23 messidor, cf. Journal des hommes libres, 27 messidor an II.

Pour autant, une désapprobation de Robespierre sur la forme (canonnades) ou les excès par lesquels ont pu passer la répression, civile ou religieuse, doit-elle être exclue ? Fernex lors de sa mission à Orange, dans une lettre prétendument adressée à l’Incorruptible (plus probablement au juré du Tribunal révolutionnaire Gravier(44) cf. P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, AHRF 1931, pp. 531-532) le 1er fructidor fait état des critiques que celui-ci lui aurait faites sur ses agissements au sein de la commission révolutionnaire de Commune Affranchie(45)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 194. On retrouve également dans sa correspondance une dénonciation de la répression religieuse à Lyon et ses environs comme ayant semé confusion et désolation auprès du peuple(46)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, pp. 216-220 (Lettre de Gillet), ainsi qu’une autre regrettant la modération de Couthon et flétrissant la sévérité démesurée de Collot(47)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, pp. 139-143.

Laporte, arrivé à Lyon avant Collot(48)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 129 et toujours en place après le départ de Fouché, informe Couthon dans une lettre fin prairial de rivalités entre autorités locales et autorités extraordinaires, qui auraient trouvées leur origine dans le fait que ces dernières n’étaient pas ou peu composées de Lyonnais. Ce serait la volonté de Collot qui aurait prévalu, là où Laporte aurait suggéré un saupoudrage de militants parisiens au milieu de fonctionnaires locaux(49)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome III, pp. 80-81.

Collot n’aurait pas été dans les meilleurs termes avec Achard, administrateur du département du Rhône(50)cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2, qui s’est adressé à lui le 19 frimaire (8 décembre) dans un style sanguinaire qui aurait été peu apprécié : « La guillotine ne va pas, elle est rouillée, ou bien Ripet est un capon, un fainéant. Si tu veux un bon barbier pour faire aller le rasoir national, sans savon, fais moi signe, je suis prêt. On dit que les muscadins s’en vont en chantant et en criant « Vive le roi » au supplice ; ces b….. là sont incorrigibles, il faut leur couper le siflet. » Collot-d’Herbois aurait répliqué que le barbier mériterait lui même d’être rasé(51)cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 151.

Après son départ du gouvernement, en nivôse an III, Collot est accusé par le député lyonnais Jean-Baptiste Pressavin d’avoir fait exécuter deux mandataires locaux patriotes, en dépit que la Convention s’était prononcée sur leur innocence (après défense de leur cause par le même Pressavin…)(52) cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome III, pp. 146-147.

Collot d’Herbois de retour à Paris

Apprenant qu’une députation lyonnaise allait se rendre à la Convention pour se plaindre de la trop grande dureté de la répression, Collot quitte Lyon précipitamment (53)Parti le 24 ou 25 frimaire, Collot arrive à Paris le 28 ou 29, cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 161-162 ; Paul Mansfield, thèse, pp. 445-447 pour la devancer et se justifier devant le Comité de salut public le 29 frimaire(54)Les actes de ce jour comportent sa signature. Cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de salut public (…), t. IX, pp. 509-510puis à la Convention le 1er nivôse an II (21 décembre 1793) et, le même jour ainsi que deux jours plus tard au Club des Jacobins(55)cf. A. AULARD, La Société des Jacobins : recueil de documents pour l’histoire du club des Jacobins de Paris, t. V, p. 569. Malgré les assertions de Barère dans ses Mémoires(56) lequel prétend, en contradiction avec les faits, qu’il se serait d’abord justifié à la Convention avant de revenir au Comité de salut public, le mettant devant le fait accompli. Cf. Mémoires de  B. Barère, t. II, Paris, 1842-44, pp. 275-277, répétées par de nombreux historiens(57)cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 138 ; KUSCINSKI, Dictionnaire des Conventionnels, p. 147, Collot serait rentré de lui même à Paris, et non rappelé par le Comité de salut public(58)cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 160-161.

Rentré pour sa part le 17 germinal, Fouché s’est visiblement employé à convaincre Collot (notamment dans une lettre du 1er floréal où il évoque des confidences que lui auraient faites leur successeur, Reverchon) que les griefs de Robespierre concernant les affaires lyonnaises le concernaient également(59)Lettre publiée par Collot dans ses Éclaircissements…, p. 25. Figurant peut être parmi les 77 lettres de Fouché saisies au domicile de Collot pendant son arrestation en l’an III, l’original n’a pas été retrouvé. Cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 176 (+ note 1). L’historien A. Mathiez avance également que les attaques de Robespierre contre Fouché aux Jacobins durent renforcer ces craintes(60)cf. A. MATHIEZ, Les divisions dans les comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », pp. 155-156.

Tentative d’attentat

Dans la nuit du 3 au 4 prairial an II (22-23 mai 1794), Collot fut victime d’une tentative d’assassinat de la part d’Admiral à son domicile du 4 rue Favart, immeuble appartenant au baron de Batz(61) pour une description de l’immeuble, cf. Arnaud de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, pp. 17-18 (+ note p. 18). Il aurait auparavant dîné chez les Duplay en compagnie de Robespierre et de Taschereau(62)cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959 p. 216.

Admirat (ou Admiral) s’était installé à la même adresse que Collot après la fermeture en brumaire an II de la loterie nationale (anciennement loterie royale, dépendant du ministère des Finances(63)cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 8 (note 12)) qui l’employait. Habitué des restaurants et des salles de jeu, cet ancien défenseur des Tuileries durant le 10 août 1792 apparaissait comme un déclassé en voie de marginalisation proche des royalistes (membre du Bataillon des Filles St-Thomas, réputé pour sa tiédeur révolutionnaire)(64)cf. Robert SCHNERB, A propos d’Admirat et du Baron de Batz, AHRF 1952, pp. 477-478. Si nombre d’historiens n’ont pas cru, au regard des agissements erratiques du personnage, que sa main ait été armée par autrui(65)cf. G. WALTER, Maximillien de Robespierre, ed. de 1989, p. 437 ; M. DOUSSE, Le pseudo meurtrier de Robespierre et de Collot d’Herbois : Henri Admirat d’Auzolette in Revue d’Auvergne, 1930, p. 26, d’autres relèvent que parmi ses fréquentations, sa maîtresse Mme de Lamartinière et l’un de ses compagnons de jeu, Pierre-Balthazar Roucel(66) Arrêté trois semaines avant Admiral, il n’aurait été guillotiné que le 27 thermidor, Fouquier-Tinville l’ayant confondu avec un faux monnayeur, Roussel, inclus avec Admiral dans le procès des « Chemises rouges » pour les motifs reprochés à son homonyme. Cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 110 (note 15) ; A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, p. 216 (lesquels par ailleurs se connaissaient), étaient en contact avec le baron de Batz(67)cf. R. SCHNERB, A propos d’Admirat et du Baron de Batz, AHRF 1952, p. 479.

Admiral tenta de faire feu sur Collot alors que celui-ci rentrait du Comité de salut public vers 1h30 du matin. Ayant échoué, il serait ensuite parvenu à regagner son logement au 5e étage alors que Collot appelait à l’aide une patrouille de la section. Le forcené blessa l’un de ses hommes, Geffroy, pendant son interpellation(68)cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 209-210, d’après Alphonse DUNOYER, Un épisode de la Conspiration de l’Etranger sous la Terreur, Ed. de la Revue des Idées, Paris, 1907, p. 5.

D’abord interrogé par Arnaud, représentant de la section à la Commune et Taschereau, qui s’étaient immédiatement rendus auprès de Collot(69)cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 112 ; A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, p. 220 (+ note 31), Admiral révèle avoir d’abord eu Robespierre pour cible. N’étant parvenu à le rencontrer de tout l’après midi,  il se serait reporté sur Collot(70)cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 210, d’après A. DUNOYER, Un épisode de la Conspiration de l’Etranger sous la Terreur, p. 5. Ses deux pistolets auraient fait long-feu, bien qu’il admet — sans y croire — lors de son dernier interrogatoire l’éventualité que le deuxième coup soit parti, ce qu’affirme Collot. C’est ce que Barère retiendra dans son rapport à la Convention du 5 prairial(71)En dépit d’une lettre de la veille de Fouquier-Tinville qui avait assisté à l’interrogatoire en question et ne mentionna prudemment qu’un seul coup de pistolet ayant fait long feu. Cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 218-219 (+ notes 28-30), d’après A. N., F7 4651 (dos. Collot) ; B. N., Lc38 796 (Rapport sur l’assassinat de Collot d’Herbois par Barère).

Signes de rivalité avec Robespierre ?

Plusieurs mémoires puis ouvrages historiques ont fait de Collot d’Herbois et Billaud-Varenne des opposants à la Fête de l’Être Suprême, ce qui est remis en doute dans l’historiographie contemporaine(72)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, Bruxelles, Complexe, 1989, p. 58, d’après Mémoires de R. Levasseur de la Sarthe, Paris, Levavasseur, 1831, t. III, p. 111, J. VILATE, Les mystères de la Mère de Dieu dévoilés, Paris, an III, pp. 88-89.

Dans leur Réponse à Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier mentionneront qu’à partir du printemps, Robespierre avait cherché à renvoyer en mission ses collègues du Comité qui s’opposaient le plus à lui. Au lendemain d’une altercation, Collot d’Herbois se serait vu proposer de repartir à Commune-Affranchie, ce qu’il déclina comme le fit bientôt Billaud-Varenne, peu après la séance du 23 prairial(73)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 170 (note)

Rühl, membre du Comité de sûreté générale pendant l’an II témoignera l’année suivante que Collot s’était défendu avec véhémence d’accusations portées contre lui par Robespierre, au point qu’il l’a « plus d’une fois invité (…) à parler plus bas« (74) cf. Richard COBB, Les témoignages de Rühl, AHRF 1955, p. 112. Le 6 germinal an III, conjointement avec Cambon, Ruamps prendra la parole à la Convention pour défendre les anciens membres des comités de gouvernement menacés par le rapport Saladin. Ruamps révélera que depuis quatre mois Collot d’Herbois était d’accord avec lui sur le caractère tyrannique de Robespierre(75) cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, pp. 167-168.

Pour l’historien Michel Eude, l’arrestation le 7 messidor (25 juin 1794) des membres du Comité révolutionnaire de la section de l’Indivisibilité décidée par Robespierre posa manifestement problème. Collot et Billaud-Varenne, qui avaient signé l’ordre signèrent également celui de leur remise en liberté le 21 messidor(76)cf. Michel EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794, AHRF 1985, p. 300, 303 ; M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, in « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », 1979, Droz, p. 23. La suspension du procès de Catherine Théot désirée par Robespierre aurait également été contestée par ses deux collègues, qui durent néanmoins céder(77)cf. M. EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794, AHRF 1985, pp. 303-304 ; M. EUDE, Points de vue sur l’Affaire Catherine Théot, AHRF 1969, p. 625 (note 67).

Collot d’Herbois intervient encore fréquemment aux Jacobins jusqu’au début de l’été. Le 1er messidor, il y annonce la prise d’Ypres(78)cf. Alphonse AULARD, La Société des Jacobins t. VI, Paris, 1897, p. 182. Le 11 messidor, Collot appuie l’admission de Geffroy (blessé lors de son attentat) au sein la Société, présidée par Louis du Bas-Rhin(79)cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 197-198, puis défend les missions effectuées par Lebon et Robespierre Jeune(80)cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, p. 200. Deux jours plus tard, Collot présente un soldat auteur d’un geste héroïque contre l’ennemi déjà accueilli le matin à la Convention(81)cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 201-202. Le 19 messidor (7 juillet 1794), pour sa dernière intervention signalée avant le 8 thermidor, Collot aurait pris la parole après David, à l’occasion de l’accueil d’un buste de Guillaume Tell par la société. Lui-même à l’origine de l’initiative, il aurait loué le tyrannicide suisse dont les exploits anciens résonnaient encore. L’historien A. Mathiez avance qu’il aurait lancé une attaque contre Robespierre en appelant les Jacobins à débarrasser la France de tous les Gessler (l’ennemi vaincu par Guillaume Tell). Tout en mentionnant la flèche réservée à Gessler, le recueil d’Aulard ne relève pas l’allusion, Collot déclarant par ailleurs se situer dans la continuité d’un rapport de Saint-Just(82)cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, pp. 154-155 ; A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 207-208. Une lettre d’un anonyme se présentant comme un lyonnais datée du lendemain et adressée à Robespierre semble corroborer la rupture de ce dernier avec Collot d’Herbois, de source proche du pouvoir(83) cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, pp. 144-149 ; Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 168.

Collot d’Herbois durant les événements de Thermidor

Séance des Jacobins du 8 thermidor

D’après le compte-rendu de La Correspondance politique de Paris et des départements paru le 10 thermidor, la séance débute par une altercation entre Robespierre d’un côté, Billaud-Varenne et Collot d’Herbois de l’autre pour déterminer lequel d’entre eux prendraient la parole. Le premier l’emporta, soutenu par une nette majorité de l’assistance, malgré la véhémence de la partie adverse qui protesta que Robespierre n’avait aucun droit à la préférence. Ses premières paroles furent :

Robespierre — « Aux agitations de cette assemblée, il est aisé de s’apercevoir qu’elle n’ignore pas ce qui s’est passé ce matin à la Convention il est facile de s’apercevoir que les factieux craignent d’être dévoilés en présence du peuple. »(84)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, p. 498, d’après La Correspondance politique de Paris et des départements, n° 90 (10 thermidor an II)(…) « Au reste, je les remercie de s’être signalés d’une manière aussi prononcée et de m’avoir mieux fait connaître mes ennemis et ceux de la patrie. »

Il relut ensuite son discours prononcé en fin de matinée à la Convention, lequel suscita un enthousiasme marqué, particulièrement des tribunes qui marquait son hostilité à l’encontre de ceux qui ne l’approuvaient pas(85)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, p. 499, d’après La Correspondance politique de Paris (…). Le président du Tribunal révolutionnaire Dumas aurait ensuite succédé à Robespierre pour taxer le gouvernement de « contre-révolutionnaire » et menacer Collot d’Herbois comme Billaud-Varenne de subir le sort des récentes factions hébertistes et dantonistes. Tous deux tentent de répondre à ces accusations, mais sont tour à tour accablés par l’hostilité générale. Collot montra d’abord vainement les coups qu’il avait reçus quand il faillit être la victime d’Admirat.

Après que Billaud ait échoué à le défendre, il réussit pourtant à reprendre la parole « pour faire entendre qu’il soupçonne les intentions de Robespierre ; que celui-ci aurait dû communiquer au gouvernement les faits qui sont dans son discours avant de les dénoncer au Peuple ; que ce dernier parti n’eût été plausible que dans le cas où les deux comités n’auraient point voulu corriger leur erreur ; qu’au reste Robespierre aurait retranché bien des choses de son discours, s’il n’avait cessé de venir au Comité de salut public depuis plus de quatre décades. Il a fini en demandant que le discours de Robespierre fût mis à l’ordre du jour, pour être dorénavant l’objet des discussions de la société. » Chassé de la tribune, Collot s’effondra d’affliction alors que Billaud, refusant de céder, affronta les cris « à la guillotine ! » dans une ultime et brouillonne prise de parole.

Ils abandonnèrent la tribune au milieu d’un vif tumulte, qui ne fut calmé qu’avec l’intervention de Couthon, qui « demande la discussion non pas du discours de Robespierre, mais de la conspiration ; nous les verrons paraître à cette tribune, les conspirateurs ; nous les examinerons, nous verrons leur embarras, nous retiendrons leurs réponses vacillantes ; ils pâliront en présence du Peuple, ils seront convaincus et ils périront ».
Ceux qui ne partageaient pas l’enthousiasme de la majorité furent chassés de la société(86)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, pp. 500-501, d’après La Correspondance politique de Paris (…), 10 thermidor an II.

De retour au Comité de Salut Public

« Vivement agité » par ce qu’il venait de vivre aux Jacobins, Collot aurait, à son retour au Comité de salut public, pris comme une provocation la question de Saint-Just : « Qu’est-ce qu’il y a de nouveau aux Jacobins ? », et l’aurait violemment dénoncé comme le complice de Robespierre et un fauteur de guerre civile. Soutenu par Elie Lacoste et Barère, Collot d’Herbois aurait destabilisé Saint-Just, qui vida ses poches en balbutiant(87)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 158 (note).

Collot aurait assisté Barère lors de son entretien nocturne avec Hesmart, commandant de l’une des deux divisions de gendarmerie à cheval qu’il connaissait. L’individu fut jugé apte prendre le commandement de la force armée parisienne le temps que soit rétabli l’ancien système d’une direction tournante effectuée par les différents chefs de légion(88)cf. Arthur BIREMBAUT, Hesmart et son rôle au 9 thermidor, AHRF 1959 p. 316, d’après G.-J. DUFRÉNOY, Mélanges historiques. Un chapitre inédit du Neuf Thermidor. Un général en chef intérimaire oublié par les historiens…, Paris, E. Dentu, 1885, pp. 32-34.

9 thermidor : intervention lors de la première séance de la Convention

Présidant la séance, Collot d’Herbois n’intervient qu’en sa toute fin, pour rendre exécutoire l’arrestation de Robespierre, Robespierre jeune, Couthon, Le Bas et Saint-Just, demeurés parmi les conventionnels. Il demande au dernier de remettre le discours qu’il voulait prononcer, pour déclarer aussitôt à l’auditoire qu’il contenait un appel à un nouveau 31 Mai. Cela suscita une ultime tentative de prise de parole de Robespierre avant la fin de sa résistance ainsi que de ses collègues à être enfin conduits hors de la Convention. Dans une longue intervention, Collot livra alors les détails de cette insurrection contre révolutionnaire, heureusement déjouée par celle que les députés étaient en train de faire.

Il revint sur la séance des Jacobins de la veille où il ne put s’exprimer alors que Couthon proposa d’exclure les membres des comités de Salut public et de Sûreté générale et sur les menaces adressées à Du Barran et lui-même à leur départ. Il parle ensuite de l’attitude défiante de Saint-Just une fois revenu au Comité de salut public, qui s’appuyait sur les rapports des espions de Robespierre ainsi que sur des confidences de Fouché pour instruire son accusation. Ce dernier, convoqué après le départ de Saint-Just et interrogé par Rühl, n’aurait rien confirmé. Collot présente le discours de Saint-Just faisant partie d’un complot robespierriste devant être lu à son tour aux Jacobins et servir de prélude à un coup de force le lendemain à l’occasion de la fête de Bara et Viala(89)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 556-558.

Intervention lors de la seconde séance de la Convention

En l’absence de Collot d’Herbois, la séance de soirée de la Convention avait débutée sous la présidence de Bréard. Alors que ce dernier n’avait pas dit que des canonniers pouvaient menacer la Convention suite à l’irruption de Coffinhal au Comité de sûreté générale, Billaud-Varenne avait du l’admettre face aux témoignages alarmants de Rovère, Goupilleau de Montaigu ou Fréron, non sans assurer que la situation était désormais rétablie. En même temps qu’il reprit sa place de président, Collot prit au contraire des accents tragiques pour décrire la situation — « Citoyens, voici l’instant de mourir à notre poste ! » — créant vraisemblablement un grand mouvement dans l’assemblée(90)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 590 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 251, d’après Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 339 ; Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 216-217.

Collot fait partie de la liste des factieux désignés par la Commune, aux côtés d’Amar, Léonard Bourdon, Fréron, Tallien, Panis, Carnot, Dubois-Crancé, Vadier, Javogues, Dubarran, Fouché, Granet et Moyse Bayle. Pour avoir « osé plus que Louis XVI lui-même, puisqu’ils ont mis en état d’arrestation les meilleurs citoyens », ils seront à leur tour « arrêtés pour délivrer la Convention de l’oppression où ils la retiennent. »(91)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 223, d’après A. N., F7 4432.

Réferences

Réferences
1, 4, 9 cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 98
2 cf. Arnaud de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957 pp. 9-10, 13 (+ note p. 11)
3 cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois — Légendes noires et Révolution, P.U.L., 1995, p. 124
5 cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois — Légendes noires et Révolution, P.U.L., 1995, pp. 126-127
6 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 124, 128
7 cf. G. BOUCHARD, Prieur de la Côte d’Or, p. 446
8 cf. J.-M. COLLOT d’HERBOIS, Éclaircissements nécessaires sur ce qui s’est passé à Lyon (…), Paris, an III, p. 23
10 Collot en a toutefois dirigée au moins une, cf. Louis MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 121, d’après une lettre de Collot au Comité, du 7 novembre 1793 ; A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. VIII, p. 287
11 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 137-139
12 Voir sa lettre au Comité de Salut Public du 17 brumaire an II (7 novembre 1793), cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 88-89
13 cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 2-5
14 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 131
15 cf. cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 121
16 Sa section permanente est composée de : Guyon, Verd, Duhamel, Boissière, Gaillard, Agar, Marcillat, Perrotin, Molin aîné et Molin cadet, presque tous de Paris ou Moulins. Pour un aperçu des actes de cette commission, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 1-40
17 qu’ils paraissaient déplorer dans leur correspondance du 27 brumaire, M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 132
18 cf. Réponse de Collot à la pétition des Lyonnais, Paris, an III, pp. 23-24
19 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 130
20 mentionné dans un rapport d’espionnage de Guérin du 4 messidor adressé à Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 366 ; fait partie de la « liste des patriotes » dressée par Robespierre? (sous le nom de Parent, « Général de division, et président de la commission révolutionnaire à Commune-Affranchie » d’après la note 26), cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, p. 9
21 Fait partie de la « liste des patriotes » dressée par Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, p. 9. Il se plaignit toutefois des critiques que celui-ci aurait émis à son encontre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, pp. 193-195
22 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 133-134
23 Cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 142 ; Dorfeuille, président du Tribunal révolutionnaire lyonnais, parle de condamnés hurlant : « Je meurs pour Louis XVII !« , cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 117
24 par le Tribunal des sept, cf. Salomon de la Chapelle, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 139-140 ; L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 135
25 Ce qui fut confirmé par les membres de la commission révolutionnaire : cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 143
26 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 145 ; Rentré à Paris, Collot devra arbitrer un nouveau litige entre armée révolutionnaire et armée régulière, cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 165
27 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 144
28 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 146 ; S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 142-144
29 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 146-147
30 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 151
31 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 150
32 cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 6-13
33 cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 130-131
34 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 152
35 cf. sa lettre à Collot du 28 brumaire, M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 150-151 ; M. VOVELLE, Religion et Révolution, Paris, 1976, pp. 240-248
36 soutenu par Fernex, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 195
37 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 159
38 cf. B. N., Lb41 3567
39 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 162-163
40 cf. R. COBB, Les Armées révolutionnaires, instrument de la Terreur dans les départements Avril 1793 – Floréal an II, 1961-63, p. 537 ; cf. Paul MANSFIELD dans la revue French History 1988, pp. 96-101
41 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 147 (Lettre de Collot à Maurice Duplay)
42 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 147-148
43 le 23 messidor, cf. Journal des hommes libres, 27 messidor an II
44 cf. P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, AHRF 1931, pp. 531-532
45 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, p. 194
46 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome I, pp. 216-220 (Lettre de Gillet)
47 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, pp. 139-143
48 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 129
49 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome III, pp. 80-81
50 cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2
51 cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 151
52 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome III, pp. 146-147
53 Parti le 24 ou 25 frimaire, Collot arrive à Paris le 28 ou 29, cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 161-162 ; Paul Mansfield, thèse, pp. 445-447
54 Les actes de ce jour comportent sa signature. Cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de salut public (…), t. IX, pp. 509-510
55 cf. A. AULARD, La Société des Jacobins : recueil de documents pour l’histoire du club des Jacobins de Paris, t. V, p. 569
56 lequel prétend, en contradiction avec les faits, qu’il se serait d’abord justifié à la Convention avant de revenir au Comité de salut public, le mettant devant le fait accompli. Cf. Mémoires de  B. Barère, t. II, Paris, 1842-44, pp. 275-277
57 cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 138 ; KUSCINSKI, Dictionnaire des Conventionnels, p. 147
58 cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, pp. 160-161
59 Lettre publiée par Collot dans ses Éclaircissements…, p. 25. Figurant peut être parmi les 77 lettres de Fouché saisies au domicile de Collot pendant son arrestation en l’an III, l’original n’a pas été retrouvé. Cf. M. BIARD, Collot d’Herbois, p. 176 (+ note 1)
60 cf. A. MATHIEZ, Les divisions dans les comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », pp. 155-156
61 pour une description de l’immeuble, cf. Arnaud de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, pp. 17-18 (+ note p. 18)
62 cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959 p. 216
63 cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 8 (note 12)
64 cf. Robert SCHNERB, A propos d’Admirat et du Baron de Batz, AHRF 1952, pp. 477-478
65 cf. G. WALTER, Maximillien de Robespierre, ed. de 1989, p. 437 ; M. DOUSSE, Le pseudo meurtrier de Robespierre et de Collot d’Herbois : Henri Admirat d’Auzolette in Revue d’Auvergne, 1930, p. 26
66 Arrêté trois semaines avant Admiral, il n’aurait été guillotiné que le 27 thermidor, Fouquier-Tinville l’ayant confondu avec un faux monnayeur, Roussel, inclus avec Admiral dans le procès des « Chemises rouges » pour les motifs reprochés à son homonyme. Cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 110 (note 15) ; A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, p. 216
67 cf. R. SCHNERB, A propos d’Admirat et du Baron de Batz, AHRF 1952, p. 479
68 cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 209-210, d’après Alphonse DUNOYER, Un épisode de la Conspiration de l’Etranger sous la Terreur, Ed. de la Revue des Idées, Paris, 1907, p. 5
69 cf. A. de LESTAPIS, Autour de l’attentat d’Admiral, AHRF 1957, p. 112 ; A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, p. 220 (+ note 31)
70 cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 210, d’après A. DUNOYER, Un épisode de la Conspiration de l’Etranger sous la Terreur, p. 5
71 En dépit d’une lettre de la veille de Fouquier-Tinville qui avait assisté à l’interrogatoire en question et ne mentionna prudemment qu’un seul coup de pistolet ayant fait long feu. Cf. A. de LESTAPIS, Admiral et l’attentat manqué, AHRF 1959, pp. 218-219 (+ notes 28-30), d’après A. N., F7 4651 (dos. Collot) ; B. N., Lc38 796 (Rapport sur l’assassinat de Collot d’Herbois par Barère)
72 cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, Bruxelles, Complexe, 1989, p. 58, d’après Mémoires de R. Levasseur de la Sarthe, Paris, Levavasseur, 1831, t. III, p. 111, J. VILATE, Les mystères de la Mère de Dieu dévoilés, Paris, an III, pp. 88-89
73 cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 170 (note)
74 cf. Richard COBB, Les témoignages de Rühl, AHRF 1955, p. 112
75 cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, pp. 167-168
76 cf. Michel EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794, AHRF 1985, p. 300, 303 ; M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, in « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », 1979, Droz, p. 23
77 cf. M. EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794, AHRF 1985, pp. 303-304 ; M. EUDE, Points de vue sur l’Affaire Catherine Théot, AHRF 1969, p. 625 (note 67)
78 cf. Alphonse AULARD, La Société des Jacobins t. VI, Paris, 1897, p. 182
79 cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 197-198
80 cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, p. 200
81 cf. A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 201-202
82 cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, pp. 154-155 ; A. AULARD, La Société des Jacobins t. VI, pp. 207-208
83 cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. tome II, pp. 144-149 ; Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 168
84 cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, p. 498, d’après La Correspondance politique de Paris et des départements, n° 90 (10 thermidor an II)
85 cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, p. 499, d’après La Correspondance politique de Paris (…)
86 cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924, pp. 500-501, d’après La Correspondance politique de Paris (…), 10 thermidor an II
87 cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 158 (note)
88 cf. Arthur BIREMBAUT, Hesmart et son rôle au 9 thermidor, AHRF 1959 p. 316, d’après G.-J. DUFRÉNOY, Mélanges historiques. Un chapitre inédit du Neuf Thermidor. Un général en chef intérimaire oublié par les historiens…, Paris, E. Dentu, 1885, pp. 32-34
89 cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 556-558
90 cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 590 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 251, d’après Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 339 ; Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 216-217
91 cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 223, d’après A. N., F7 4432
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