4 thermidor an II (22 juillet 1794, vieux style)

Réunion plénière des Comités de Salut public et de Sûreté générale :

Le 4 thermidor, les Comités de Salut public et de Sûreté générale font séance commune, à l’instigation probable de Saint-Just et Barère. Pour réintégrer Robespierre dans l’action du gouvernement et empêcher qu’il ne s’institue comme son opposant principal au moment où l’on redoute des mécontentements populaires, des gages lui auraient été accordés :

  • La création des quatre commissions populaires manquantes chargées de trier parmi les détenus passibles du Tribunal révolutionnaire est décidée(1)cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIII, p. 393. Seul Lindet semble s’y être opposé, encore qu’assez mollement puisqu’il signe finalement l’arrêté.
  • Barère fera un rapport « sur l’influence que l’étranger avait tenté d’acquérir et sur les moyens de faire cesser la calomnie et l’oppression sous lesquelles on a voulu mettre les patriotes les plus ardents et qui ont rendu les plus grands services à la République » qui sera lu à la tribune de la Convention le 7 thermidor.

Robespierre aurait été sollicité pour se rendre à la réunion plénière du lendemain, 5 thermidor(2)cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Paris, Firmin-Didot, 1930, ch. VI, pp. 143-146. Pourtant, pendant la réunion, Billaud-Varenne se serait montré peu amène envers Robespierre qu’il aurait traité de Pisistrate, si l’on se fie à Saint-Just dans son discours avorté du 9 thermidor(3)cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, pp. 148, 152, 153.

Dans les rues de Paris

D’après Albert Mathiez, des crieurs de journaux auraient annoncé le 4 thermidor dans les rues de Paris l’arrestation de Robespierre. Or, la seule source que l’on retrouve sur ce fait est un passage raturé du discours de Robespierre du 8 thermidor : « On arrêta peu de jours auparavant [les réunions plénières des deux comités de gouvernement des 4/5 thermidor] des colporteurs de journaux qui criaient, à perte d’haleine : ‘Grande arrestation de Robespierre’  »(4)cf.  A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, p. 155 ; P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), tome XXXIII, p. 431 (note 1), ce qui ferait par conséquent remonter l’événement à une date légèrement antérieure.

Une dizaine de membres de la section des Lombards, interpellés pour avoir proposé de réglementer les boucheries durant l’assemblée générale de la section du 20 germinal an II sont relâchés ce jour suite aux réclamations de leurs compagnes auprès des autorités(5)cf. R. COBB, Une coalition des garçons brossiers de la section des Lombards, AHRF 1953, p. 67.

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Réferences   [ + ]

1. cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIII, p. 393
2. cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Paris, Firmin-Didot, 1930, ch. VI, pp. 143-146
3. cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, pp. 148, 152, 153
4. cf.  A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, p. 155 ; P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), tome XXXIII, p. 431 (note 1)
5. cf. R. COBB, Une coalition des garçons brossiers de la section des Lombards, AHRF 1953, p. 67

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