FLEURIOT-LESCOT

Jean-Baptiste Edmond Fleuriot-Lescot

Fleuriot-Lescot (1761-1794)

Age : 32 ou 33 ans en thermidor, peut être dix de plus, né à Bruxelles

Adresse : Demeurait 13 quai de l’Ecole avant d’être logé à la Mairie après sa nomination

Métier : Architecte

Fonction(s) : maire de Paris

Origine et parcours de Fleuriot-Lescot

Fleuriot-Lescot prend part à la révolution brabançonne de 1789-1790. Il se réfugie en France au moment de la répression par les autorités autrichiennes, et devient le commis de Poyet, architecte de la Ville de Paris. Jacobin, il est élu par la section du Museum membre du Conseil général de la Commune. Le 13 mars 1793, Fleuriot-Lescot devient substitut, puis un proche de Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire. A la suppression des ministères en germinal an II, il est brièvement nommé commissaire des Travaux publics(1)cf. Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 160.

Le 21 floréal (10 mai 1794), jour où le directoire du département de Paris est renouvelé presque entièrement, Fleuriot-Lescot devient le nouveau maire de Paris en remplacement de Pache, compromis avec les hébertistes(2)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, pp. 159-160 (note) ; Albert MATHIEZ, La réorganisation du Gouvernement révolutionnaire, AHRF 1927 p. 50.

Lors de son arrestation le 4 thermidor dans le cadre de l’Affaire Catherine Théot, la citoyenne Potu croise le père de Fleuriot-Lescot, qu’elle admettra fréquenter régulièrement(3)cf. Michel EUDE, Points de vue sur l’Affaire Catherine Théot, AHRF 1969, p. 627 (note 79), d’après A. N., F7 4734 d. Gros, F7 4774 80 d. Pottut.

Evenements du 9 thermidor

Nuit et matinée du 8 au 9 thermidor

Fleuriot-Lescot se présente ainsi que Payan au Comité de salut public vers 4 h. du matin, où ils subirent cinq heures durant un interrogatoire qui aurait en réalité eu pour but de ralentir « la marche et la réunion des conjurés »(4)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 158. Toutefois, le fait que leurs convocations aient été émises conjointement avec celle adressée à Hesmart, et que cette dernière comme celle de Payan (celle de Fleuriot paraît perdue) soient signées par presque les mêmes membres des comités de Salut public et de Sûreté générale jette un doute sur le caractère exclusivement dilatoire de cette convocation. Payan, ainsi que Fleuriot-Lescot n’auraient-ils pas été informés de l’arrestation d’Hanriot programmée pour le lendemain et chargés de veiller à son bon déroulement ?(5)cf. Alphonse AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. XV, pp. 461 (note 4)-462, d’après Gratien-Jay DUFRÉNOY, Mélanges historiques. Un chapitre inédit du Neuf Thermidor. Un général en chef intérimaire oublié par les historiens…, Paris, E. Dentu, 1885, p. 30 (l’original est perdu)

Il aurait ensuite regagné la Mairie qu’il quitta, d’après le témoignage de son épouse, vers midi pour se rendre à la Commune, visiblement affecté(6)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 238 (+ note 2), d’après Edme-Bonaventure COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, Pièces justificatives, n°XXXII, p. 189, pour prendre part à l’audience municipale. Il aurait chargé un de ses domestiques à ramener en cours d’après midi des documents de l’Hôtel de Ville à la Mairie, ce qui fut fait entre 16 h. et 17 h.(7)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, de l’Imprimerie nationale, an IV, Pièces justificatives, n°XXXII, pp. 191-192 (déposition de Pierre Malot, domestique de Fleuriot) Durant la matinée, il écrivit à Hanriot à propos des dispositions à prendre pour conjurer toute agitation consécutive à la publication du Maximum des salaires pendant la fête de Bara & Viala(8)cf. Arnaud-Louis-Raoul de MARTEL, Types révolutionnaires. Etudes sur Fouché t. 2, Plon, 1879, pp. 124-126, 128.

A la Commune au début de l’après midi du 9 thermidor

Un an après les faits, l’huissier de la Convention Courvol affirmera avoir remis à Fleuriot-Lescot un décret de comparution à sa barre en début d’après midi, ainsi qu’à Payan et Hanriot, « pour y instruire les représentans du peuple de la situation de Paris ». Ayant demandé à Fleuriot un reçu du décret, Hanriot arracha à ce dernier la plume des mains et s’écria : « Je t‘en f…. on n’en donne point dans un moment comme celui-ci. Va dire à tes j… f… de scélérats que nous sommes ici à délibérer pour les purger, et qu’ils ne tarderont pas à nous voir. » Hanriot l’empêcha de repartir et le fit garder par des gendarmes. Courvol fut néanmoins autorisé de retourner à la Convention deux heures et demie plus tard(9)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, Impr. nationale, an IV, Pièces justificatives, n°XXXV, p. 199. Toutefois, ce témoignage tardif est en partie contredit par sa déclaration faite le jour même : l’huissier n’y mentionne ni sa retenue, ni son arrivée si précoce(10)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Pièces justificatives, n°XIX, p. 114.

Pour l’historien Sainte-Claire Deville, Fleuriot-Lescot est informé en même temps que Payan (15 h. au plus tard), des événements survenus à la Convention à la clôture de la séance régulière du corps municipal, où il n’en fut aucunement question. Tous deux rejoignent aussitôt l’état major de Hanriot flanqués de quelques officiers municipaux, pour l’alerter de la situation(11)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 201-202, d’après E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XXXVI, p. 200, déclaration de Minier, officier municipal de la section Révolutionnaire, faite le jour même (A. N., F7 4432 pl. 9.).
Fleuriot-Lescot, Payan et Hanriot rédigent des ordres s’adressant pèle-mêle aux autorités civiles et militaires pour les convoquer à la Commune :

  • Les six chefs de légion, par ailleurs chargés de fermer les barrières de Paris et de convoquer les membres du Conseil général, doivent s’y rendre en personne ou représentés par leurs adjudants généraux avec 400 hommes.
  • Les adjudants doivent y envoyer des membres du Comité révolutionnaire de leur section.
  • L’adjudant général des canonniers Fontaine est chargé d’envoyer à Hanriot toutes ses compagnies.
  • Les commandants des deux escadrons de gendarmerie nationale à cheval (Hesmart et Martin) sont convoqués en personne(12)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 202-203 (+ note 2), d’après A. N., AFII 47 pl. 368 pièce 38.

Héron se serait entre temps présenté accompagné de quatre hommes pour exécuter le décret d’arrestation du général : ils sont eux-mêmes appréhendés, avant le départ d’Hanriot pour sa première expédition dans la capitale(13)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 203-204. D’après l’ex-préfet d’Empire Martel, Hanriot se serait adressé seul aux chefs de légion dès 14h. ou 14h30, avant même que Robespierre n’ait été décrété d’arrestation. Le témoignage d’Héron, qui ne mentionne ni la présence du maire ni celle de l’agent national, semble aller dans ce sens(14)cf. A.-L.-R. de MARTEL, Types révolutionnaires. Etudes sur Fouché t. 2, pp. 162-164; A. MATHIEZ, La vie de Héron racontée par lui-même, AHRF 1925, p. 481-482, d’après F7 4403.

Avant ou après l’intermède Héron et/ou le départ d’Hanriot, se présente Hesmart, chef de la 29e division de gendarmerie (à cheval), désigné durant la nuit précédente par les comités de Salut public et de Sûreté générale pour remplacer temporairement Hanriot. Il est arrêté soit à l’état-major par les aides de camp d’Hanriot, soit par Payan après s’être rendu auprès du maire, si l’on se fie au témoignage d’Hesmart du lendemain matin à la Convention tel que publié par le Moniteur le 12 thermidor(15)cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 342.

Vers 16 h., devant un rassemblement d’ouvriers place de Grève(16) En nombre suffisant pour que cinq comités civils de sections voisines y aient fait allusion. Cf. G. RUDÉ, La foule pendant la Révolution française, pp. 162-163 +note 38, d’après AFII 47 plaq. 365 fol. 8, 28 ; plaq. 366, fol. 1, 6, 34, 50, Fleuriot-Lescot se désolidarise entièrement du maximum des salaires publié par la Commune le 5 thermidor. Dans une première liste de coupables, il en attribue la paternité à Barère, « qui appartint à toutes les factions tour à tour et qui a fait fixer le prix des journées des ouvriers pour les faire périr de faim »(17) Rédigée par Blin, secrétaire de la Commune, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. I, pp. 295-296 ; A. N., F7 4432 plaq. 1 fol. 40 ; A. MATHIEZ, Le maximum des salaires et le 9 Thermidor, AHRF 1927, p. 151.

Reconnu comme ennemi de la Convention

L’arrestation de Fleuriot-Lescot et son incarcération au Luxembourg est ordonnée dans l’après-midi par les comités de gouvernement réunis, par un arrêté de la main de Barère(18)cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. XV, Paris, Impr. nationale, 1903, p. 458; Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 166. Vers 18 h. pourtant, le comité civil de la section des Tuileries le considérait encore, avec Payan et l’hypothétique successeur d’Hanriot comme garants de l’ordre public, d’après un décret qui lui était récemment parvenu(19)cf. Rapport du commandant en second de la section (AFII 47 364 32)

Son rôle dans l’insurrection est publiquement reconnu à la Convention au début de la deuxième séance du 9 thermidor, quand Goupilleau de Montaigu demande son arrestation(20)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 589 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 339.

Fleuriot et Payan entraînent le Conseil général dans l’insurrection

Fleuriot-Flescot ouvre la séance extraordinaire peu après 17h30, en présence seulement d’une trentaine d’officiers municipaux(21)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 222 (+ note 2), d’après A. N., F7 4432, pl. 9-30 (déclaration de l’officier municipal Minier au comité révolutionnaire de la section Révolutionnaire). Après leur avoir lu les décrets de la Convention, il essaye, avec Payan, de susciter leur révolte à propos du danger que représente l’arrestation des députés robespierristes et les amènent à proclamer l’insurrection(22)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 222-223 ; Journal de Perlet, n° 687, du 24 thermidor, d’après AFII 47 pl. 386 28 (« Précis de ce qui s’est passé dans la séance du Conseil général de la Commune de Paris dans la nuit du 9 au 10 thermidor »).

Pendant que Fleuriot et Payan font adopter les premières mesures insurrectionnelles (fermeture des barrières de Paris, arrestation de tout militaire propageant le décret conventionnel d’interdiction d’envoi à la Commune des 400 hommes par légion demandés par Hanriot, mesures pour faire retentir le tocsin(23)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 224 (+ notes 1 & 2), d’après AFII 47 pl. 365 20 ; E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XXVI, p. 200), plusieurs représentants des forces de l’ordre fidèles à la Convention comparaissent devant eux.

Le chef de la 1ère légion Fauconnier, venu informer le maire et l’agent national qu’il inaugurait le commandement tournant à la place d’Hanriot est arrêté(24)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 208. Degesne, dirigeant un peloton de gendarmerie ayant brièvement investi l’état-major d’Hanriot dans le but de l’arrêter, subit le même sort après avoir été convoqué par le Conseil(25)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XIX (pièce 9), pp. 119-120 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 209-210, 224.

D’autres parviennent à s’extraire du Conseil : le gendarme Holbec, faisant le lien entre Hesmart et la Convention(26)cf. A. BIREMBAUT, Hesmart et son rôle au 9 thermidor, AHRF 1959 pp. 318-320 et Olivier, chef de la 6e légion, porteur du même décret que Degesne(27)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XIX (pièce 9), pp. 119-120 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 209-210 (d’après le rapport d’Olivier, AFII 47 pl. 364 46), 224.

Absence temporaire du Conseil général ?

Après que fut décidée l’expédition de Coffinhal et Louvet en réponse à l’arrestation d’Hanriot aux Tuileries, Fleuriot, Coffinhal et d’autres municipaux retournent sur la place haranguer la foule. Aux canonniers des sections Popincourt et des Quinze-Vingts, il se serait ainsi adressé : « Les hommes du 14 juillet, du 10 août et du 31 mai, oublieraient-ils que le 9 thermidor est nécessaire pour sauver leur pays et la République ? Il faut que le peuple se lève en masse, car les patriotes sont opprimés… Lequel (sic) voulez-vous, de la liberté ou de la tyrannie ?… »(28)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 231-232 (+ note 1), d’après le rapport de Pellerin, adjudant instructeur d’artillerie de la cinquième légion (AFII 47 pl. 366 38)
En son absence, Charlemagne occupe la place de président du Conseil général(29)cf. Procès-verbal de la séance extraordinaire du 9 thermidor in P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, pp. 48-51.

Vers 18h30 ou 19 h., Fleuriot infirme l’ordre donné à Coste, le commandant en second de la section de la Réunion par un officier municipal de ne pas obéir à Hanriot, et lui assure que son porteur venait d’être arrêté(30)cf. Colin JONES, The overthrow of Robespierre and the « indifference » of the people in American Historical Review, jun. 2014, p. 701 (note 52) ; A. N., AFII 47 367 18.

Présidant à nouveau le conseil, Fleuriot-Lescot aurait refusé d’obéir à un décret de la Convention mandant la Commune à la barre(31)cf. Rapport du Comité révolutionnaire du Faubourg-du-Nord, d’après le récit de Mauvage (A. N., AFII 47 pl. 365 pièce 58), signifiant ainsi pour la première fois une claire rupture entre les deux autorités(32)cf. C. JONES, The overthrow of Robespierre and the « indifference » of the people in American Historical Review, jun. 2014, p. 703.

Entre 21 h. et 21h30 (peu avant ou peu après l’arrivée de Lerebours et la création du Comité d’exécution(33)Sainte Claire Deville marque ses distances avec la chronologie du procès verbal du conseil général qui, avant la nomination de Lasnier, aurait été recopié à partir de notes éparses. Cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 260 (note 3)), Fleuriot-Lescot prend énergiquement à partie le concierge de la prison de La Force Blanchelaine, ramené devant le Conseil général par un détachement du Finistère pour s’être opposé à la libération de Le Bas. Le concierge est contraint de retourner chercher de député ainsi que Lavalette, Boulanger et Vilate(34)cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XIX (5e & 10e pièces), pp. 114-115, 122.

Après l’arrivée de Robespierre jeune et la formation du Comité d’exécution, Fleuriot propose la formation d’une délégation chargée de ramener Robespierre, demeuré à l’Administration de Police. La délégation comprend six membres dont Lasnier, de la section de Mutius Scævola(35)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 261 ; Procès-verbal de la séance extraordinaire du 9 thermidor, in P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, p. 52.

Fleuriot-Lescot le 10 thermidor

Fin de l’insurrection de la Commune

Vers 1h15 du matin le 10 thermidor, Fleuriot-Lescot est au Comité d’exécution avec Payan, Robespierre ainé et Robespierre cadet quand Couthon est amené par deux gendarmes, après avoir été libéré de sa prison de la Bourbe. Couthon et l’Incorruptible se consacrent aussitôt à la juste formulation à donner à une adresse, ce dernier optant pour la destiner « au peuple français »(36)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 289 (+ note 3) ; A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre », pp. 225-226, d’après F7 4432 ; E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XXXIX, p. 210.

De retour au Conseil général, Fleuriot aurait défendu à Vian, capitaine des canonniers de la section du Finistère de quitter la séance(37)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 292-293, d’après les déclarations de Ch. Menant, caporal, de Legrand, Vian et Bontemps, capitaines de la section du Finistère, déposition du 16 thermidor de Pierre-Nicolas Prudhomme, blanchisseur (A. N., F7 4432 pl. 10 4); A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, pp. 226-227.

Vers 2 h., vraisemblablement à la suite du premier coup de feu (la source n’en mentionne qu’un), Fleuriot aurait quitté son siège de président du Conseil général pour se précipiter vers la salle de l’Egalité. Il en serait revenu blême alors que partout l’on criait : « Robespierre s’est brûlé la cervelle ! »(38)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 301, d’après le précis des employés du secrétariat de la Commune (AFII 47 pl. 368 28)

Arrestation puis exécution de Fleuriot-Lescot

Arrêté vers 2h15 lors de la prise d’assaut de la Commune par la colonne dirigée par Léonard Bourdon et Camboulas, Fleuriot parvient à s’enfuir place des Trois-Mairies avec un autre individu, alors qu’il était transféré au Comité de sûreté générale. Ils sont rapidement rattrapés grâce à l’aide de citoyens leur ayant barré le chemin(39)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 307 (note 3), d’après F7 4432 pl. 7 7.

Comme c’est le cas pour Augustin Robespierre, Fleuriot-Lescot n’a toujours pas été transféré à la Conciergerie quand débute à 13 h. l’audience du Tribunal révolutionnaire, exceptionnelle un jour de décadi. Elle s’interrompt l’heure suivante probablement en raison de ces absences et Fouquier-Tinville envoie deux gendarmes pour les ramener. Il est envoyé avec un convoi de 65 prisonniers au Palais de Justice à 15 h.(40)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 320-321, d’après A. N., W 434 975, F7 4669

Fouquier n’assiste pas à la reprise de l’audience en milieu d’après-midi, ou bien aurait déposé son écharpe et cédé sa place à son substitut Liendon quand vint le tour de son ancien collègue Fleuriot(41)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 669 ; Gérard WALTER, Actes du Tribunal révolutionnaire, Mercure de France, 1972, p. 383 ; Emile CAMPARDON, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, Paris, Plon, 1866, t. 2, pp. 269-270.

Avec Robespierre et son frère, Payan, Saint-Just, Hanriot et son second Lavalette, Dumas, Couthon et 13 membres de la Commune, ils sont 22 à être reconnus hors-la-loi. Réparti en trois charrettes, leur convoi quitte le Palais de Justice à 18 h. Accompagné par une foule nombreuse et s’étant arrêté à de multiples reprises, ils n’arrivent que vers 19h30 place de la Révolution. Fleuriot-Lescot aurait été exécuté en dernier, juste après l’Incorruptible(42)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 322-323, d’après Journal de Perlet n°675 (12 thermidor an II).

Réferences

Réferences
1 cf. Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 160
2 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, pp. 159-160 (note) ; Albert MATHIEZ, La réorganisation du Gouvernement révolutionnaire, AHRF 1927 p. 50
3 cf. Michel EUDE, Points de vue sur l’Affaire Catherine Théot, AHRF 1969, p. 627 (note 79), d’après A. N., F7 4734 d. Gros, F7 4774 80 d. Pottut
4 cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 158
5 cf. Alphonse AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. XV, pp. 461 (note 4)-462, d’après Gratien-Jay DUFRÉNOY, Mélanges historiques. Un chapitre inédit du Neuf Thermidor. Un général en chef intérimaire oublié par les historiens…, Paris, E. Dentu, 1885, p. 30 (l’original est perdu)
6 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 238 (+ note 2), d’après Edme-Bonaventure COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, Pièces justificatives, n°XXXII, p. 189
7 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, de l’Imprimerie nationale, an IV, Pièces justificatives, n°XXXII, pp. 191-192 (déposition de Pierre Malot, domestique de Fleuriot)
8 cf. Arnaud-Louis-Raoul de MARTEL, Types révolutionnaires. Etudes sur Fouché t. 2, Plon, 1879, pp. 124-126, 128
9 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Paris, Impr. nationale, an IV, Pièces justificatives, n°XXXV, p. 199
10 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor (…), Pièces justificatives, n°XIX, p. 114
11 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 201-202, d’après E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XXXVI, p. 200, déclaration de Minier, officier municipal de la section Révolutionnaire, faite le jour même (A. N., F7 4432 pl. 9.)
12 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 202-203 (+ note 2), d’après A. N., AFII 47 pl. 368 pièce 38
13 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 203-204
14 cf. A.-L.-R. de MARTEL, Types révolutionnaires. Etudes sur Fouché t. 2, pp. 162-164; A. MATHIEZ, La vie de Héron racontée par lui-même, AHRF 1925, p. 481-482, d’après F7 4403
15 cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 342
16 En nombre suffisant pour que cinq comités civils de sections voisines y aient fait allusion. Cf. G. RUDÉ, La foule pendant la Révolution française, pp. 162-163 +note 38, d’après AFII 47 plaq. 365 fol. 8, 28 ; plaq. 366, fol. 1, 6, 34, 50
17 Rédigée par Blin, secrétaire de la Commune, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. I, pp. 295-296 ; A. N., F7 4432 plaq. 1 fol. 40 ; A. MATHIEZ, Le maximum des salaires et le 9 Thermidor, AHRF 1927, p. 151
18 cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public t. XV, Paris, Impr. nationale, 1903, p. 458; Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 166
19 cf. Rapport du commandant en second de la section (AFII 47 364 32)
20 cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 589 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 339
21 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 222 (+ note 2), d’après A. N., F7 4432, pl. 9-30 (déclaration de l’officier municipal Minier au comité révolutionnaire de la section Révolutionnaire)
22 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 222-223 ; Journal de Perlet, n° 687, du 24 thermidor, d’après AFII 47 pl. 386 28 (« Précis de ce qui s’est passé dans la séance du Conseil général de la Commune de Paris dans la nuit du 9 au 10 thermidor »)
23 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 224 (+ notes 1 & 2), d’après AFII 47 pl. 365 20 ; E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XXVI, p. 200
24 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 208
25 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XIX (pièce 9), pp. 119-120 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 209-210, 224
26 cf. A. BIREMBAUT, Hesmart et son rôle au 9 thermidor, AHRF 1959 pp. 318-320
27 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor… Pièces justificatives, n°XIX (pièce 9), pp. 119-120 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 209-210 (d’après le rapport d’Olivier, AFII 47 pl. 364 46), 224
28 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 231-232 (+ note 1), d’après le rapport de Pellerin, adjudant instructeur d’artillerie de la cinquième légion (AFII 47 pl. 366 38)
29 cf. Procès-verbal de la séance extraordinaire du 9 thermidor in P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, pp. 48-51
30 cf. Colin JONES, The overthrow of Robespierre and the « indifference » of the people in American Historical Review, jun. 2014, p. 701 (note 52) ; A. N., AFII 47 367 18
31 cf. Rapport du Comité révolutionnaire du Faubourg-du-Nord, d’après le récit de Mauvage (A. N., AFII 47 pl. 365 pièce 58)
32 cf. C. JONES, The overthrow of Robespierre and the « indifference » of the people in American Historical Review, jun. 2014, p. 703
33 Sainte Claire Deville marque ses distances avec la chronologie du procès verbal du conseil général qui, avant la nomination de Lasnier, aurait été recopié à partir de notes éparses. Cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 260 (note 3)
34 cf. E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XIX (5e & 10e pièces), pp. 114-115, 122
35 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 261 ; Procès-verbal de la séance extraordinaire du 9 thermidor, in P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, p. 52
36 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 289 (+ note 3) ; A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre », pp. 225-226, d’après F7 4432 ; E.-B. COURTOIS, Rapport sur les événements du 9 thermidor…, Pièces justificatives, n°XXXIX, p. 210
37 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 292-293, d’après les déclarations de Ch. Menant, caporal, de Legrand, Vian et Bontemps, capitaines de la section du Finistère, déposition du 16 thermidor de Pierre-Nicolas Prudhomme, blanchisseur (A. N., F7 4432 pl. 10 4); A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, pp. 226-227
38 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 301, d’après le précis des employés du secrétariat de la Commune (AFII 47 pl. 368 28)
39 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, p. 307 (note 3), d’après F7 4432 pl. 7 7
40 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 320-321, d’après A. N., W 434 975, F7 4669
41 cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 669 ; Gérard WALTER, Actes du Tribunal révolutionnaire, Mercure de France, 1972, p. 383 ; Emile CAMPARDON, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, Paris, Plon, 1866, t. 2, pp. 269-270
42 cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II, pp. 322-323, d’après Journal de Perlet n°675 (12 thermidor an II)
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