ROVÈRE

Stanislas Joseph François Xavier Rovère de Fontvieille, dit

Rovère de Fontvieille

Age : Né à Bonnieux, 46 ans en thermidor

Adresse : rue de Grenelle, Saint Germain, Couvent de Pentemont

Profession : Propriétaire terrien, militaire

Fonction(s) : Elu député des Bouches-du-Rhône à Carpentras le 7 septembre 1792, il devient le 25 juin 1793 député du département du Vaucluse, dont il avait soutenu la création. Membre du Comité de sûreté générale à ses débuts puis après le 9 Thermidor.

Membre du Conseil des Anciens pendant le Directoire.

Origine et parcours de Stanislas Xavier François Rovère

Fils d’un hobereau de la région du Comtat venaissin, Rovère aurait cherché, avant la Révolution, à accroître son prestige aristocratique en se créant des titres et des généalogies illustres. Il intégra les mousquetaires du roi puis la garde du légat du Pape à Avignon, fit un mariage avantageux mais s’endetta par la suite. Après avoir échoué à se faire élire député de la noblesse aux Etats généraux de 1789, Rovère rejoignit les partisans de la réunion du Comtat venaissin à la France. Dans l’armée patriotique du Vaucluse, il servit sous les ordres de Jourdan Coupe-tête. Brièvement parti à Paris durant d’été 1791 pour plaider le rattachement, il y retourne dès le 25 juillet 1792, une fois élu par ce nouveau territoire pour siéger à l’Assemblée législative(1)cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 940 ; A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889, t. V, p. 217.

Rovère Conventionnel

Réélu à la Convention par la ville de Carpentras, Rovère rejoignit la Montagne et intégra le Comité de sûreté générale, avant d’être envoyé à Lyon en février 1793(2)cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889, t. V, p. 217.

Missions de Rovère

Envoyé à Lyon aux côtés de Legendre et Basire, il échoua à y ramener le calme et fut soupçonné de visées contre révolutionnaires. Il s’en dédouana en participant à la préparation du 31 Mai 1793 contre les Girondins à son retour à Paris. Renvoyé en mission dans le midi avec Poultier pour lutter contre les fédéralistes marseillais et organiser le nouveau département du Vaucluse, il se serait bientôt entouré d’anciens aristocrates et fédéralistes infiltrés dans l’administration locale(3)cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 940 — les Bandes noires — qui l’aidèrent à acquérir un vaste domaine à vil prix (s’agissait-il du couvent des Célestins de Sorgues, près d’Avignon ?(4)cf. Robert BAILLY, Dictionnaire des communes du Vaucluse, p. 413). Secondés de Jourdan Coupe-Tête, ils se seraient également livrés au pillage(5)cf. Arne ORDING, Le Bureau de police du Comité de salut public : étude sur la Terreur, Oslo, J. Dybwad, 1930, p. 137.

Son successeur Maignet ayant mis à jour le système de trafic de biens nationaux des Bandes noires, Rovère fut mis en difficulté mais défendu aux Jacobins par Tallien, quand Jourdan fut pour sa part guillotiné(6)cf. Albert MATHIEZ, Robespierre terroriste, Annales révolutionnaires 1920, p. 193 ; A. MATHIEZ, La réorganisation du Gouvernement révolutionnaire, AHRF 1927, pp. 54-55.

Dans le second de ses mémoires thermidoriens, Lecointre prétendit avoir informé Rovère, Laumont du Cavados, Garnier de l’Aube, Fréron et Barras, six mois avant la chute de Robespierre,, du réquisitoire qu’il préparait contre lui et neuf autres membres des Comités de salut public et de sûreté générale(7)cf. Laurent LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, p. 32 (+note).

Rovère et le 9 thermidor

Dans la lettre à ses compatriotes d’Uzès datée du 8 thermidor, Voulland mentionne l’afflux de réclamations contre Rovère et Lanteyrès au Comité de sûreté générale, en même temps qu’il recommande de ne pas « donner à nos ennemis le spectacle d’une division funeste entre nous »(8) cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VII, p. 176.

Au début de la séance du soir à la Convention le 9 thermidor, alors que se multiplient les bruits d’insurrection de la Commune, Rovère insiste sur le rôle de Payan (accusé par ailleurs de « fédéraliser avec le Midi »), mais plusieurs députés dont Barère lui répondent qu’il est arrêté. Fréron réaffirmera pourtant peu après l’information(9)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 589 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 339.

Barras, nommé vers 21 h. chef de la Garde nationale après la mise hors la loi d’Hanriot, demande à être suppléé par d’autres représentants en raison de sa mauvaise connaissance de Paris. Rovère en fait partie, aux côtés notamment de Féraud, Delmas, Fréron, Bollet, Léonard Bourdon et Bourdon de l’Oise. Ils se font bientôt acclamer par leurs collègues, revêtus des costumes et des pouvoirs des représentants du peuple aux armées, et jurent, sabre en main, de sauver la patrie(10)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 590-591 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 340 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 253.

Rovère après le 9 thermidor

Membre influent de la Convention thermidorienne, Rovère réintégre le Comité de sûreté générale et envoie en mission dans le Vaucluse Goupilleau de Montaigu afin qu’il pourchasse les républicains qui avaient dénoncé ses malversations durant l’an II(11)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 940.
En messidor an III, à l’issue du procès des membres de la Commission d’Orange, ceux-cis sont condamnés à mort pour avoir dénoncé entre autres Rovère au Comité de salut public comme ayant, avec Poultier, délivré des sauf-conduits à des contre-révolutionnaires(12)cf. P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, AHRF 1931, pp. 530-531.

Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) à Paris, il prend part à l’insurrection royaliste. Brièvement arrêté, il intègre pourtant le Conseil des Anciens pendant le Directoire, mais est déporté à Cayenne après le coup d’Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) où il mourut l’année suivante(13)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, pp. 940-941.

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Réferences   [ + ]

1. cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 940 ; A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889, t. V, p. 217
2. cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889, t. V, p. 217
3. cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 940
4. cf. Robert BAILLY, Dictionnaire des communes du Vaucluse, p. 413
5. cf. Arne ORDING, Le Bureau de police du Comité de salut public : étude sur la Terreur, Oslo, J. Dybwad, 1930, p. 137
6. cf. Albert MATHIEZ, Robespierre terroriste, Annales révolutionnaires 1920, p. 193 ; A. MATHIEZ, La réorganisation du Gouvernement révolutionnaire, AHRF 1927, pp. 54-55
7. cf. Laurent LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, p. 32 (+note)
8. cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VII, p. 176
9. cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 589 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 339
10. cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 590-591 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 340 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 253
11. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 940
12. cf. P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, AHRF 1931, pp. 530-531
13. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, pp. 940-941