ROBESPIERRE

Maximilien Marie Isidore de Robespierre

Age : Né à Arras, 36 ans en thermidor.

Adresse : 366 rue Saint-Honoré (numérotation actuelle : 398)

Métier : Avocat

Fonction(s) : Député de Paris à la Convention nationale depuis le 5 septembre 1792 ; membre du Comité de salut public depuis le 27 juillet 1793

Caractères physiques de Robespierre(2) pour sa généalogie, cf. LESUEUR, Annales révolutionnaires, 1912, p. 236 bis ; M.-A. LAVOINE, Revue du Nord, 1914

Apparence

Au côté des portraits d’époque de Robespierre, existe aujourd’hui une reconstitution de son visage réalisée à partir d’un masque mortuaire fait par Madame Tussaud. La reconstitution est d’autant plus sujette à caution que le masque lui-même est probablement un faux. Les Thermidoriens ne voulaient surtout pas qu’il reste de trace de leur adversaire et ont fait en sorte que ce soit presque impossible. Par ailleurs la ressemblance entre la reconstitution et les portraits ou les descriptions d’époque n’est pas frappante. Certes les portraits ont peut être idéalisés Robespierre mais au moins entrevoit-on des ressemblances entre eux qu’on ne voit pas avec la reconstitution.

De Robespierre, on sait aussi par des témoignages souvent post thermidoriens :

  • Qu’il était de petite taille ou de taille moyenne, un pamphlet thermidorien précise 5 pieds et deux ou trois pouces, entre 1m65 et 1m70 environ(3)Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 273.
  • Que, selon Beaulieu et l’abbé Proyart, son visage était marqué « médiocrement » par la vérole ( nom donné autrefois à la variole)(4)Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 272.
  • Qu’il portait, selon Michelet et Fievée, des lunettes vertes, qu’on voit sur certains portraits et des lunettes plus grandes pour voir plus loin(5)Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution pp. 273-274.
  • D’après Étienne Dumont, pasteur de Genève et collaborateur de Mirabeau, dès 1789, « il avait dans les yeux un clignotement continuel et pénible »(6)Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 272.
  • Selon Fréron « Robespierre étouffait de bile. Ses yeux et son teint jaunes l’annonçaient. » (7)Cf. AHRF 2013, Peter McPHEE, « Mes forces et ma santé ne peuvent suffire ». Crises politiques, crises médicales dans la vie de Maximilien Robespierre, 1790-1794, pp. 137-152

Santé

Robespierre a alterné tout au long de sa carrière politique les phases d’intense travail avec des pauses plus ou moins longues dues à des états de grande fatigue ou de maladie. McPhee constate d’ailleurs que ses « périodes de faiblesse physique [étaient] en corrélation avec des crises politiques. »

Selon son secrétaire temporaire de 1790, Pierre Villiers, presque toutes les nuits, Robespierre « baignait de sang son oreiller »(8)Cf. AHRF 2013, P. McPHEE, « Mes forces et ma santé ne peuvent suffire ». Crises politiques, crises médicales dans la vie de Maximilien Robespierre, 1790-1794, pp. 137-152.

On sait que Joseph Souberbielle, le médecin des Duplay, se chargea de soigner un ulcère variqueux à la jambe de Robespierre(9)Cf. AHRF 2013, P. McPHEE, « Mes forces et ma santé ne peuvent suffire ». Crises politiques, crises médicales dans la vie de Maximilien Robespierre, 1790-1794, pp. 137-152.

Suite à la « reconstitution » du visage de Robespierre par Philippe Froesch, le légiste a publié avec Philippe Charlier  dans le magazine médical « Lancet » (10) Robespierre the oldest case of sarcoidosis. The lancet vol 382 december 21/28 2013, un article en faveur d’un diagnostic rétrospectif de sarcoïdose, une maladie qui ne sera décrite pour la première fois qu’en 1877.
On voit mal le rapport entre la reconstitution et ce diagnostique. Ce que la reconstitution montre, ce sont des traces sur le visage qui pourraient être des cicatrices dues à la variole.
En revanche les signes cliniques décrits par les témoins de l’époque semblent selon d’autres médecins en effet correspondre au diagnostique de sarcoïdose : problèmes ophtalmologiques, épistaxis (l’oreiller couvert de sang chaque nuit), ictère (yeux et peau jaunes), asthénie, ulcères jambiers récidivants et tics oculaires et buccaux.

D’autres diagnostics cliniques moins probants peuvent toutefois être évoqués : tuberculose diffuse (mais absence de toux de fièvre), vascularité de Wegener (les localisations rhinosinusiennes sont particulièrement fréquentes), lèpre, hémochromatose, sclérodermie(11)http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/recherche-sciences/maximilien-robespierre-le-plus-vieux-cas-de-sarcoidose.

Détails

Avec Hanriot, Robespierre aurait loué un appartement à Versailles à Meunier, directeur des postes. Mais il semble n’avoir été habité que par une dénommée Daussy (ou Dausy), et seuls des effets lui appartenant ont été retrouvés(12)cf. AHRF 1956, J. DAUTRY, Documents inédits concernant Robespierre, pp. 210-211, citant les Archives départementales de Seine-et-Oise (présentement Yvelines ?), 4 Q 242, n°272-273.

Gardes du corps de Robespierre

Il s’agirait de Delaunay, Didier(13) Après Thermidor, il fut dénoncé comme un proche du maire de Choisy-sur-Seine Vaugeois, chez qui des réunions politiques auraient eu lieu. Cf. Revue des Questions Historiques 1914, A. MATHIEZ, L’Histoire secrète du Comité de Salut public, pp. 57-58, Châtelet, Girard, Laviron, le cousin de son logeur et son épicier Loyer(14)cf. A.N. F7 4433, plaq. 4, Delaunay ; F7 4770, doss. 1, Laviron ; W 501, doss.1 (Loyer) ; European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 134. Mesure de protection adoptée peut être en même temps que d’autres députés, qui choisirent de s’armer(15)cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 127, citant les A.N. W501, fonds Fouquier (?).
Le rapport Courtois propose une autre liste : Didier, Girard, Chatelet mais aussi Nicolas, Tacherot et Boulanger(16)cf. Edme-Bonaventure COURTOIS Rapport fait au nom de la Commission chargée de l’examen des papiers trouvés…, n°LIX, p. 224

Enfin Sainte-Claire Deville cite une déclaration du 11 thermidor d’Étienne Foucault, juge au tribunal révolutionnaire, dont ressortent les trois mêmes noms plus Nicolas mais il décrit une véritable petite armée : « Il y a environ quinze jours, sortant des jacobins… il a vu, parmi ceux qui composaient cette garde, Didier, Girard, Chatelet, Nicolas, jurés du tribunal…, atteste qu’ils étaient douze ou quinze ; qu’arrivés à la maison de Robespierre, un d’eux se porta en avant, ouvrit la porte et la tint ouverte jusqu’à ce que Robespierre, qui avait l’air important, fut entré avec sa suite… »(17)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 191, d’après A. N., W 80.

Selon Ernest Hamel, Robespierre possédait un chien, un danois nommé Brount qu’il avait ramené de son dernier voyage en Artois(18)cf. E. HAMEL, Histoire de Robespierre t. III : La Montagne, 1867, p. 296.

Tenue vestimentaire de Robespierre au 9 thermidor

Le fait que son habit soit celui déjà porté à la fête de l’Être Suprême, ce qu’atteste de son côté Barère dans ses Mémoires, n’est pas unanimement reconnu. Vilate, dans ses « Causes secrètes de la révolution du 9 au 10 thermidor » rédigées en vendémiaire an III, affirme au contraire que Robespierre portait durant la fête le costume habituel des représentants du peuple(19)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 58. Un PV de vente d’effets provenant du Tribunal révolutionnaire datant du 25 thermidor an IV mentionne « deux habits de draps, l’un bleu et l’autre marron, et un de drap de Silésie tâchés de sang », attribués aux frères Robespierre(20)cf. Charles VELLAY, Annales révolutionnaires, 1908, p. 522.

Robespierre et l’économie

Selon l’historienne Florence Gauthier, les conceptions économiques de Robespierre rejoindraient le courant des « libéraux égalitaires« , en ce qu’il conjuguait la liberté de commerce et l’égalité des intérêts dans une chaine d’intérêts réciproques. Alors que l’Abbé Morellet rejoint Turgot et les physiocrates pour défendre la liberté absolue de commerce face aux déséquilibres engendrés par la disparité d’intérêts entre les possédants et ceux qui doivent vendre leur force de travail, Robespierre reste fidèle à la notion d’intérêts réciproques(21)cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 235-237. En décembre 1792 il conteste le rétablissement de la loi martiale(22)instaurée le 19 août 1789 pour contenir les mécontentements qu’engendreraient la liberté illimitée de commerce et supprimée après le 10 août 1792 par les Girondins en la reliant à la liberté absolue de commerce. Après leur chute, il continue à craindre que la mainmise d’une nouvelle aristocratie des riches ne crée toute une « classe de prolétaires ». Il émet l’idée qu’une liberté totale de commerce ne peut s’appliquer sur les biens de première nécessité(23)cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 237-239, d’après le Discours de Robespierre du 2 décembre 1792 à la Convention dans Oeuvres complètes, t. 9, p. 111 ; Discours du 17 juin 1793, Ibid., t. 9, p. 576, et propose comme limitation théorique du pouvoir économique (et notamment le droit de propriété) les droits naturels à l’existence et à la liberté(24)cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 240-241.

Membre du Comité de Salut Public

Son activité oratoire se ralentit à son entrée au Comité. Près de 150 interventions en tout, mais seulement une vingtaine de vrais discours, dont une majorité aux Jacobins(25)cf. Gérard WALTER La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 49.

Débuts au Comité de Salut Public

Quinze jours après son entrée au Comité, Robespierre porte contre lui un jugement sévère aux Jacobins: « J’y ai vu des traîtres qui tramaient (…) contre les intérêts du peuple (…). Je ne croupirai point membre inutile d’un comité, nulle puissance humaine ne peut m’empêcher de dire à la Convention toute la vérité, de lui proposer les mesures qui, seules, peuvent les prévenir »(26)cf. Gérard WALTER La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 49.

Questions militaires

D’après des bulletins du comte d’Antraigues datés du 6 au 12 juillet 1794, Saint-Just aurait reproché à Robespierre, lequel aurait nié, de s’entendre avec Pitt et Cobourg(27)cf. AHRF 1958 (n°4), A. RUFER, En complément des  Dropmore Papers, p. 18.

Il semble au contraire que Robespierre, qui lui-même déplorait son incompétence en matière militaire, s’en soit entièrement remis à l’expertise de Saint-Just(28)cf. Carnot ou le savant Citoyen, J.-P. BERTAUD, Carnot et le 9 thermidor, p. 78.

Rivalités naissantes au sein du Comité de salut public

En floréal, une dispute éclate entre Saint-Just et Prieur de la Côte-d’Or puis Carnot à propos de l’arrestation imminente d’un agent des poudres et salpêtres(29)cf. Mémoires sur Carnot par son fils, t. I, p. 531 et suiv.. Dans leur Réponse aux imputations de Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier précisent que l’agent en question était le beau-frère de Sijas, et que le député Niou aurait été témoin de la scène(30)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 77-79 (notes). Une dispute s’en suivit durant laquelle Saint-Just aurait accusé Carnot de liens avec l’aristocratie et l’aurait menacé de la guillotine. Le lendemain, ce dernier aurait répliqué en le traitant, ainsi que Robespierre, mis au courant par Saint-Just de l’affaire, de « dictateurs ridicules »(31)cf. Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 156

Après Thermidor, dans leur Réponse aux imputations de Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier situent la rupture majeure avec Robespierre en prairial, au lendemain de l’adoption forcée de la loi par la Convention. Pris au dépourvu par les dispositions de cette loi conçue exclusivement par Couthon et l’Incorruptible, les membres du gouvernement lui manifestèrent leur vive opposition, principalement par la voix de Billaud-Varenne. Lui ayant fermement notifié qu’il avait enfreint les règles de la collégialité gouvernementale, il met en fureur Robespierre. « Ses cris étaient si forts que sur les terrasses des Tuileries plusieurs citoyens s’étaient rassemblés : on ferme la fenêtre, et l’on continue la discussion avec la même chaleur. »(32)cf. Réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 168-170 [+ notes) A noter que cette séance du Comité de salut public est datée du 22 floréal

Le 13 fructidor an II, au moment de la discussion sur les accusations de Lecointre à l’encontre des sept membres des comités de gouvernement, Levasseur de la Sarthe déclare à la Convention que le 10 messidor, « ceux qu’on accuse aujourd’hui traitèrent Robespierre de dictateur. Robespierre se mit dans une fureur incroyable. Les autres membres du Comité le regardèrent avec mépris. Saint-Just sortit avec lui. ». La scène dut en réalité se passer le lendemain, Saint-Just n’étant pas revenu de sa dernière mission aux armées avant le 11 messidor(33)cf. Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 157.

Le 25 messidor, Quignon l’aîné, agent national du district de Boulogne (sur-Mer) écrit aux comités de gouvernement pour les alerter des confidences de deux fervents jacobins parisiens, Deschamps et Pillon, qui se sont lancés dans un éloge dithyrambique de Robespierre, lui ont assuré que les débris des factions vaincues se réunissaient, et que même le Comité de Salut public comptait un ennemi dans son sein en la personne de Carnot(34)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 163-164, dont il savait qu’il avait « failli faire manquer l’affaire de Charleroi »(35)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 166. Billaud-Varenne mentionnera durant l’an III l’envoi de Deschamps, aide-de-camp d’Hanriot, comme une initiative des robespierristes pour contrecarrer l’influence de Carnot dans l’armée du nord(36)cf. Revue Historique de la Révolution Française, avril-juin 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 166. Mis hors la loi le 9 thermidor, Deschamps est arrêté à Janville, et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, le 5 fructidor.

Robespierre à l’approche de Thermidor

Appréciation de la mission lyonnaise de Collot d’Herbois et Fouché

La certitude que Robespierre aurait désapprouvé la sévérité de la répression lyonnaise est remise en question par l’historiographie depuis une cinquantaine d’années(37) cf. R. COBB, Les Armées révolutionnaires, instrument de la Terreur dans les départements Avril 1793 – Floréal an II, 1961-63, p. 537 ; Paul Mansfield dans la revue French History 1988, pp. 96-101.

A la transparence de Collot, visible dans sa correspondance avec Robespierre(38) Lettre de Collot à Maurice Duplay, cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, p. 147, ce dernier semble répondre par de fréquentes affirmations de soutien quant à l’action accomplie à Lyon(39)cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 147-148, et ne s’en dégage après son retrait du Comité de salut public que pour déplorer un ralentissement du zèle de la Commission temporaire après ses vigoureux débuts(40) le 23 messidor, cf. Journal des hommes libres, 27 messidor an II.

Pour autant, une désapprobation de Robespierre sur la forme (canonnades) ou les excès par lesquels ont pu passer la répression, est-elle à exclure ?

Sa correspondance contient de nombreuses dénonciations de chargés de mission(41) Lettre de Gillet, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc., supprimés ou omis par Courtois tome I, Baudouin frères, 1828, pp. 217-220 comme de particuliers(42) Lettre anonyme du 20 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc., supprimés ou omis par Courtois tome II, Baudouin frères, 1828, pp. 144-149 ; A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 168 contre la répression religieuse à Lyon et ses environs comme ayant semé confusion et désolation auprès du peuple, regrettant la modération de Couthon ou flétrissant la sévérité démesurée de Collot d’Herbois(43)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 139-143.

Gravier(44) Figure entre parenthèses sur la « liste des patriotes » de Robespierre (à côté de Marteau, président d’une des Commissions populaires de Paris) en ces termes : « s’informer de Gravier », cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 10, juré au Tribunal révolutionnaire depuis le 28 septembre 1793, aurait été un proche des Duplay(45) cf. AHRF 1934, A. QUESNOT, La prétendue lettre de Fernex à Robespierre, p. 168 et aurait un temps habité la même rue que Robespierre(46) au n°355 rue Honoré, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 211, sans qu’il soit possible d’être précis sur les dates et la durée(47) Gravier aurait également habité rue du Champ Fleuri, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 207. Gravier pouvait entretenir Robespierre sur la situation politique en général(48)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 194-235, un rassemblement de ses lettres adressées à Robespierre, comme celles que lui ont écrites lesdits Achard, Pilot, etc.. Il servit d’intermédiaire entre Robespierre et ses anciens camarades de la Société des amis de Chalier(49) cf. AHRF 1931, P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, pp. 531-532, restant en contact avec plusieurs municipaux lyonnais : Pilot, directeur des postes(50) qui lui écrit notamment le 3 décembre, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 138 ; le 24 frimaire, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 137, le 10 nivôse, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 202-204 ; le 17 germinal, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147 ; le 7 floréal cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 199-201 et le 16 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 205-207 et Achard(51) perruquier de profession, aurait auparavant, le 19 frimaire (8 décembre) adressé une lettre à Collot d’Herbois, d’un terrorisme exagéré qui n’aurait pas été du goût de ce dernier, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 151 ; cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2, administrateur du département du Rhône(52)C’est également la fonction de Fillon, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 163. Achard, par la suite, aurait occupé un temps la fonction d’agent national, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 190 ; Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 194-235, un rassemblement de ses lettres adressées à Robespierre, comme celles que lui ont écrites lesdits Achard, Pilot, etc.. Il servit d’intermédiaire entre Robespierre et ses anciens camarades de la Société des amis de Chalier(53) cf. AHRF 1931, P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, pp. 531-532, restant en contact avec plusieurs municipaux lyonnais : Pilot, directeur des postes(54) qui lui écrit notamment le 3 décembre, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p.138 ; le 24 frimaire, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 137, le 10 nivôse, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 202-204 ; le 17 germinal, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147 ; le 7 floréal cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 199-201 et le 16 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 205-207 et Achard(55)cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2, se présentant comme un des « amis de Chalier »(56) présent dans la « liste des patriotes » dressée par Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 8. Le 10 thermidor an II, ce dernier écrit de Commune-Affranchie à Gravier pour protester qu’on soit insatisfait du travail que lui et ses collègues -il cite Daumale(57) D’Aumale (ou Daumale), juge de l’ex Tribunal révolutionnaire de Lyon, proche (secrétaire?) de Couthon demeuré à Commune-Affranchie après son départ, il aurait demandé à la Commission révolutionnaire des Sept de tenir un registre de leurs jugements, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 151-152. Il fonde le 1er frimaire an II (21 novembre 1793) le « Journal de Commune-Affranchie », dont la publication cesse le 13 nivôse (2 janvier), son auteur étant renvoyé devant le tribunal la veille, cf. Philippe BOURDIN, Le Noir et le Rouge, 2000, p. 364 ; Aimé VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 41-45. Il ne demeura qu’une dizaine de jours en prison et repartit pour Paris pendant six mois, avant de revenir à Lyon en messidor et relancer brièvement son journal du 1er au 15 thermidor, cf A. VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 46-48. Il semble avoir été soutenu par la Société populaire locale, cf. A. VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 45, 47, 48. Egalement mentionné par Pilot, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 199- ont fournis, notamment en termes de preuves contre les coupables, et remettre en cause l’action de Fouché(58)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…), t. II, pp. 225-227.

A partir de pluviôse, surgissent des rivalités entre la Commission temporaire et la municipalité lyonnaise, en particulier avec un groupe s’auto-intitulant « amis de Chalier ». Les causes sont principalement à rechercher dans l’infléchissement par Fouché et Méaulle de la politique répressive, auquel s’ajoute un antagonisme entre révolutionnaires locaux et extra-locaux (la Commission temporaire, presque exclusivement composée de Parisiens alors que les locaux sont essentiellement cantonnés dans les autorités régulières). Les 18 et 24 pluviôse (6 et 18 février), la Commission temporaire ordonne successivement la fin des mitraillades (lesquelles s’arrêteront le 28 pluviôse) et toute nouvelle arrestation sous des motifs relatifs à la révolte fédéraliste. Entre temps, le 23 pluviôse, elle restreint l’activité des juridictions criminelles ordinaires(59)sur ordres probables de Fouché et Méaulle, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 144-145. Le 26 ventôse (16 mars), un arrêté de Fouché réduit de 32 à 9 le nombre des sections à Commune-Affranchie. Le 5 germinal (25 mars), la Commission temporaire requiert le directeur municipal des postes, Pilot, d’intercepter la correspondance entre autres du maire Bertrand, d’Emery(60) pour juger de la radicalité d’Emery, voir sa lettre au frère de Gravier, résidant à Grenoble cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 181-182 et Fillion (ou Fillon)(61)cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 39 ; L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147. Pilot a-t-il averti Gravier (de Paris) ? (62)  on ne dispose pas de lettre de Pilot à Gravier avant le 17 germinal, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, t. II, pp. 201-202. Sans en être informé, Robespierre rappelait Fouché par un acte du Comité de Salut Public dès le 7 germinal… Les représentants poursuivent le 6 germinal l’offensive contre les « amis de Chalier » en faisant fermer par arrêté la société populaire. Mais le 10 germinal (30 mars), Laporte, Méaulle et Fouché mettent fin à la Commission temporaire(63)cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 39-40. Deux jours plus tard, Fouché reçoit son ordre de rappel du Comité de salut public daté du 7 germinal, écrit par Robespierre.

La société populaire des Augustins, affiliée aux Jacobins est rouverte, mais d’après Pilot, pour être dirigée jusqu’à début floréal par les anciens membres de la Commission temporaire. De même, le successeur de Fouché, Reverchon, est décrit comme s’inscrivant dans la continuité de ce dernier(64)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 199-202. En prairial néanmoins, les « amis de Chalier » ont repris le contrôle des Jacobins de Commune-Affranchie, et Pilot, devenu leur président compare leur situation du temps de leurs prédécesseurs, qualifiés d’« Hébertistes »(65) la réciproque fut également vraie : dans une dépêche du Républicain Lyonnais du 10 germinal, Fouché avait qualifié la société populaire de Lyon, qu’il venait de faire fermer, d’hébertiste, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 146 ; Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 205, à l’oppression des fédéralistes(66)cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, pp. 214-215.

Fernex lors de sa mission à Orange, mentionne dans une lettre prétendument adressée à l’Incorruptible le 1er fructidor(67) Paul Vaillandet avance que c’est incohérent et qu’elle serait plutôt adressée à Gravier, cf. AHRF 1931, P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, pp. 530, 532 des critiques que celui-ci lui aurait faites sur ses agissements au sein de la commission révolutionnaire de Commune Affranchie(68) et s’en remet aux témoignages de « Fillion et Emery, mais encore d’Achard, de Pillot » cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. I, p. 194.

L’opposition de Robespierre à Fouché s’explique essentiellement par son action déchristianisatrice, qui contrevient à la liberté des cultes et menace la paix civile en heurtant la majeure partie de la paysannerie française, en plus d’être une idée d’essence plus aristocratique que populaire(69)cf. discours du 18 floréal an II ; European Studies Review, 1975, Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 132.

Le rappel de représentants en mission, au delà des soupçons d’exagération, d’indulgences ou de corruption serait une question de centralisation(70)cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 131, dans la volonté du gouvernement révolutionnaire de coordonner autour de la Convention une multitude de pouvoirs locaux souvent divergents, dans la continuité de la loi que fit adopter Billaud-Varenne le 14 frimaire an II (4 décembre 1793), interdisant « tout congrès ou réunions centrales » ainsi que les « Armées révolutionnaires » départementales(71)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, pp. 16-17-19.

Velléités punitives de Robespierre

Dans une lettre du 28 prairial un correspondant de d’Antraigues parle d’une quinzaine de Montagnards dissidents qui devraient être guillotinés par Robespierre(72)cf. Annales révolutionnaires 1918, A. MATHIEZ, La police royaliste sous la Terreur – Les correspondants parisiens de d’Antraigues, p. 385. Le 21 messidor, conscient que cette question est amplement diffusée et déformée par ses ennemis, il tient à rassurer la représentation nationale à la tribune des Jacobins… sans toutefois nommer qui que ce soit : « On cherche à persuader à chaque membre que le Comité de Salut public l’a proscrit. Ce complot existe… On veut forcer la Convention à trembler, on veut la prévenir contre le tribunal révolutionnaire et rétablir le système des Danton, des Camille Desmoulins. On a semé partout les germes de divisions… J’invite tous les membres à se mettre en garde contre les insinuations perfides de certains personnages qui, craignant pour eux-mêmes, veulent faire partager leurs craintes »(73)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 166-167

Ces velléités punitives se devinent surtout par les allusions de ses collègues proches, comme Couthon(74) à la séance des Jacobins du 6 thermidor : « Heureusement qu’ils y sont en bien petit nombre, très-petit nombre, et que la vertu et l’énergie de la Convention nationale peuvent écraser à volonté les cinq ou six petites figures humaines, dont les mains sont pleines des richesses de la République, et dégouttantes du sang des innocens qu’ils ont immolés. », cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, 1837, p. 387 ou Saint-Just, qui évoquent un faible nombre de députés à proscrire.

Dans leur Réponse aux imputations de Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier revendiquent d’avoir mis à l’abri de toute recherche, sur la question des persécutions religieuses, Tallien, Dubois-Crancé, Fouché et Bourdon de l’Oise(75)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 6566.

Les quatre anciens membres du gouvernement révolutionnaire avancent que Robespierre réclama, après lecture d’ « informations envoyées au Comité de sûreté générale », l’arrestation immédiate d’Alquier et Dubois-Crancé. Face au refus de l’ensemble du Comité de salut public, Robespierre aurait demandé le retour de Saint-Just de l’armée du Nord(76)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 67 (note)(situant l’événement à la fin prairial – début messidor).

Dans ses Mémoires, Barère prétendra que Robespierre aurait présenté au Comité de Salut Public une liste de 18 députés, ex-représentants en mission ayant exercé une coupable tyrannie dans les départements, parmi lesquels Tallien, Fréron, Barras, Alquier, et Dubois-Crancé(77)cf. Mémoires de B. Barère, ancien rapporteur du Comité de salut public vol. II, pp. 210-211.

Dans un de ses mémoires d’autodéfense de l’an III, Billaud-Varenne évoquera pour sa part trente députés(78)cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 17 & Réponse de Billaud à Lecointre, p. 5. Il relève un point du discours de Saint-Just prévu pour le 9 thermidor, puis le commente : « ‘j’atteste que Robespierre n’a jamais parlé dans le comité qu’avec ménagement de porter atteinte aux membres de la Convention’. Mais il est donc bien certain qu’il en a parlé ; et très sûrement ce n’était pas sur nous que ces atteintes pouvaient être dirigées. »(79)cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 22. Cela accréditerait le fait que Robespierre n’a élargi sa liste de proscription à certains membres du Gouvernement révolutionnaire que devant leur refus obstiné de punir un certain nombre de Conventionnels(80)cf. Mémoire inédit de Billaud Varenne, Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, p. 25.

Absence de Robespierre du Comité de salut public et de la Convention

Robespierre dans son discours du 8 thermidor, la fait remonter à six semaines, rejoint par Billaud-Varenne (qui parle de quatre décades), ce qui la ferait correspondre aux lendemains de la loi du 22 prairial(81)cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, pp.19-20. Mais si l’on se fie aux signatures présentes sur les actes du Comité de salut public(82)cf. A. AULARD, Recueil des Actes du Comité de Salut Public, et au témoignage de Levasseur de la Sarthe sur la dispute survenue au sein du Comité de Salut Public, elle doit survenir en réalité aux lendemains du 10 messidor(83)cf. Françoise BRUNEL 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, pp. 86-87, et peut être mise en rapport avec sa réaction aux Jacobins du 13 messidor où il semble se plaindre du comportement de ses collègues des Comités(84)cf. Albert MATHIEZ, Girondins et Montagnards, chap. VI, p. 145. Il y dénonce le fait que l’on se serait permis de « calomnier le tribunal révolutionnaire et le décret de la Convention concernant son organisation. (…) On a osé répandre dans la Convention que le tribunal révolutionnaire n’avait été organisé que pour égorger la Convention elle-même. » « A Londres, on me dénonce à l’armée française comme un dictateur ; les mêmes calomnies ont été répétées à Paris. Vous frémiriez si je vous disais dans quel lieu. » (85)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 159-160.

Dans leur Réponse à Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier avanceront que si Robespierre a signé certains actes du gouvernement dans les quatre dernières décades précédant le 9 thermidor, c’est à l’occasion des deux fois où le Comité de Salut Public l’avaient convoqué pour l’entendre se justifier sur sa conduite. En outre, en plus des actes de police générale qui lui étaient apportés chez lui, « Il a pu signer quelques extraits, lorsque pour se ménager des réponses aux reproches qu’il prévoyait sur son absence, il affectait de passer quelquefois dans les salles à cinq heures, lorsque la séance était levée. »(86)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 254

Pour sa défense, Billaud-Varenne citera des exemples de l’opposition systématique que rencontra bientôt Robespierre au sein des comités de gouvernement : « Qu’ils [ses collègues des anciens comités] déclarent si, quelques jours après le décret relatif au costume des Représentans du peuple, Robespierre dénonçant nommément plusieurs de nos collègues les plus prononcés en révolution, la scène ne fut pas si violente que, traité lui-même de conspirateur, et voyant que tous les membres présens gardaient le silence, il s’écria en pleurant de rage : ‘eh! quoi, tout le monde m’abandonne ici !’ et il sortit. »(87)cf. Mémoire inédit de Billaud Varenne, Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, pp. 24-25

L’attitude consistant à surinvestir les Jacobins au détriment de la Convention et du Comité de Salut Public rentre en contradiction avec le principe « de centralité législative et fait soupçonner Robespierre de vouloir se créer ‘un parti‘ »(88)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p.95. La remarque qu’aurait proféré Javogues au début de la séance du 8 thermidor aux Jacobins allait dans ce sens : « Nous ne sommes ni factieux ni conspirateurs, mais nous ne voulons point de dominateur aux Jacobins. »(89)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 95

Robespierre le 8 thermidor

Discours lu à la Convention

C’est le 7 thermidor que Robespierre aurait fait annoncer au secrétariat de la Convention sa proposition pour prononcer un discours assez long pour la séance du lendemain(90)cf. Gérard WALTER La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 103.
Tel que prononcé à la Convention, il différerait sur quelques points de celui publié par les thermidoriens, bien que globalement conforme(91)cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, éd. de 1989, p. 457, comme semble l’attester le résumé qui en est fait dès le lendemain par le Courrier républicain.

Dans son discours, Robespierre se présente comme la victime d’accusations insidieuses et calomnieuses de dictature personnelle. Il recherche à remporter l’adhésion de la Convention par l’exaltation constante de son rôle et par l’acte de confiance qu’il lui fait en s’adressant directement à elle. Mais s’il célèbre ses vertus, il la voit comme insuffisamment vigilante – jusque dans ses propres rangs – envers les ennemis de la Révolution(92)cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 205-206.

Si le gouvernement a indéniablement sauvé la patrie, il n’en est pas moins lui-même en péril, notamment par le risque de dictature militaire.

Il attaque le Comité des finances et nommément Cambon, dont les mesures défavorables au peuple (il cite l’exemple de la réforme des rentes viagères) sont systématiquement avalisées par le Comité de Salut Public. Robespierre attaque plus encore le Comité de Sûreté générale, qui par l’immoralité de ses membres et de ses agents pervertissait jusqu’à l’essence même de la politique gouvernementale (Amar et Jagot sont même cités dans un passage raturé du discours(93)cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, 1837, p. 417 (note)). Il propose donc une épuration des instances gouvernementales, Comité de Salut Public compris pour sortir celui-ci de la paralysie.

Tout en déplorant des injustices dans la justice terroriste, il ne propose nullement d’amoindrir le ressort de l’énergie terroriste et continue à défendre l’esprit de la loi du 22 prairial. Mais les ennemis qu’il désigne siègent manifestement sur les rangs de la Montagne, et il semble vouloir réaliser cet objectif en s’adressant à la Plaine, la majorité modérée de la Convention qu’il avait toujours ménagée(94)cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 206-209.

En s’appesantissant trop fréquemment sur l’injustice dont il était victime, Robespierre croyait peut être identifier à ses malheurs ceux de la Patrie. Il donne surtout une impression d’égocentrisme démesuré, comme celle de s’élever au dessus de l’autorité des comités comme des simples députés, ce qui rentre en contradiction avec le fait de se défendre de toute velléité dictatoriale. La démarche de Robespierre apparaît à son discours mal assurée, tant dans sa stratégie que dans ses supposés soutiens(95)cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, p. 212.

Réaction de la Convention

La Convention se montre hésitante. La Montagne, bien que globalement hostile, est partagée du fait qu’une part importante rejette l’ensemble du gouvernement, et/ou la loi du 22 prairial, d’où certaines incohérences comme le soutien inattendu de Lecointre à la fin du discours, ou quand Fréron, après l’attaque de Cambon, se hasarde à demander la suppression de la loi du 22 Prairial (épisode absent de la version du Moniteur(96)cf. Archives parlementaires, 1ère série, t. XCIII, p. 534). La Plaine, choyée par Robespierre pour le soutenir face aux Comités, se tait. A la réplique de Cambon : « un seul homme paralyse la Convention (…), c’est Robespierre », a-t-elle réalisé qu’en abandonnant l’homme, on se débarrasserait à terme de sa politique, comme le suppose l’historien Jacques Solé ?(97)cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 209-211

Robespierre relit son discours aux Jacobins

D’après le compte-rendu de La Correspondance politique de Paris et des départements paru le 10 thermidor, Robespierre s’imposa au début de la séance contre Billaud-Varenne et Collot d’Herbois, pour accéder le premier à la tribune, malgré la véhémence de ces derniers ou de quelques uns de leurs partisans à soutenir qu’il n’avait aucun droit à la préférence.

Robespierre — « Aux agitations de cette assemblée, il est aisé de s’apercevoir qu’elle n’ignore pas ce qui s’est passé ce matin à la Convention il est facile de s’apercevoir que les factieux craignent d’être dévoilés en présence du peuple. »(98)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 498, d’après La Correspondance politique de Paris et des départements, n° 90 du 10 thermidor an II
Javogues — « Nous ne sommes ni factieux ni conspirateurs, mais nous ne voulons point de dominateur aux Jacobins. »(99)Cette réplique de Javogues ne figure pas dans la Correspondance politique mais dans le Conservateur décadaire des principes républicains et de la morale politique ou Recueil consacré au développement et à la propagation des vérités qui peuvent fortifier le régime social de la République démocratique française de fructidor an II, t. II, pp. 430 et suiv. Cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 499 (+ note 1)
Robespierre — « Au reste, je les remercie de s’être signalés d’une manière aussi prononcée et de m’avoir mieux fait connaître mes ennemis et ceux de la patrie. »

Il relut ensuite son discours prononcé en fin de matinée à la Convention, lequel suscita un enthousiasme marqué, particulièrement des tribunes qui marquait son hostilité à l’encontre de ceux qui ne l’approuvaient pas(100)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 499, d’après La Correspondance politique de Paris (…), n° du 10 thermidor an II.

  • Pendant le 1er Empire, l’historien Lacretelle relate cet épisode avec un « Roberspierre » concluant ainsi son discours :
    — « Frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Mes ennemis ou plutôt ceux de la République sont tellement puissants et tellement nombreux que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups (…). Quoi qu’il arrive, ma mémoire sera toujours honorée de vos cœurs vertueux. C’en est assez pour moi ; mais ce n’est pas assez pour la chose publique. Vous contenterez-vous de me plaindre ? Ne saurez-vous pas me défendre ou me venger ? (…) La Convention a voulu vous humilier tous aujourd’hui par son insolent décret. Héros du 31 mai, et toi surtout brave Henriot, avez-vous oublié le chemin de la Convention ? Ah ! loin d’avoir besoin d’exciter votre ardeur, je sens que mon devoir est de la contenir. (…) Sachez comme au 31 mai, séparer les traîtres des hommes faibles et lâches qui leur prêtent un imprudent appui… Si vous me secondez, les traîtres auront subi dans quelques jours le sort de leurs devanciers. Si vous m’abandonnez, vous verrez avec quel calme je sais boire la cigüe. »
    David — « Je la boirai avec toi ! »
    Couthon aurait ensuite donné une liste de 40 Montagnards à arrêter pour s’être opposés au discours de Roberspierre (Lacretelle nomme Tallien et Fréron), auxquels Dumas promet le Tribunal révolutionnaire. Payan finit en désignant les Comités comme le centre de la conjuration à abattre(101)cf. Charles de LACRETELLE Histoire de France pendant le XVIIIe siècle, t. XII, ed. de 1825, pp. 84-87.

Le président du Tribunal révolutionnaire Dumas aurait effectivement succédé à Robespierre pour taxer le gouvernement de « contre-révolutionnaire » et menacer Collot d’Herbois et Billaud-Varenne de subir le sort des récentes factions hébertistes et dantonistes. Leurs tentatives de réponses furent accueillies dans l’hostilité générale. Collot prit notamment la parole « pour faire entendre qu’il soupçonn[ait] les intentions de Robespierre ; que celui-ci aurait dû communiquer au gouvernement les faits qui sont dans son discours avant de les dénoncer au Peuple ; que ce dernier parti n’eût été plausible que dans le cas où les deux comités n’auraient point voulu corriger leur erreur ; qu’au reste Robespierre aurait retranché bien des choses de son discours, s’il n’avait cessé de venir au Comité de Salut Public depuis plus de quatre décades. Il a fini en demandant que le discours de Robespierre fût mis à l’ordre du jour, pour être dorénavant l’objet des discussions de la société. »

Ils sont chassés au milieu des cris « à la guillotine ! », avant que Couthon ne reprenne la parole, demandant « la discussion non pas du discours de Robespierre, mais de la conspiration ; nous les verrons paraître à cette tribune, les conspirateurs ; nous les examinerons, nous verrons leur embarras, nous retiendrons leurs réponses vacillantes ; ils pâliront en présence du Peuple, ils seront convaincus et ils périront ».
Ceux qui ne partagent pas l’enthousiasme de la majorité sont à leur tour chassés et le compte rendu s’achève avec la prise de parole de Sijas, qui comme Couthon s’était exprimé le 6 thermidor aux Jacobins(102)cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 pp. 499-501, d’après La Correspondance politique de Paris (…), 10 thermidor an II.

9 et 10 thermidor

Après avoir été décrétés d’arrestation à la séance de la Convention, Robespierre, Saint-Just, Couthon, Le Bas et Augustin Robespierre sont amenés vers 17h. dans les locaux du Comité de Sûreté générale. Peu de temps après, selon le rapport du brigadier de gendarmerie Jeannolle daté du soir même(103)cf. A.N. F7 4432, Hanriot et ses aides de camp essayent de s’y introduire pour les délivrer avant de se faire maîtriser par les gendarmes des tribunaux, et de rejoindre, garrotté, les députés. Les cinq députés sont ensuite conduits par l’huissier Chevrillon dans le secrétariat(104)cf. A.N. F7 4432 avant d’être expédiés dans leurs prisons respectives vers 19h.

Escorté par deux gendarmes (Chanlaire et Lemoine) et un huissier de la Convention (Filleul), Robespierre est conduit au Luxembourg(105)cf. Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 210-212 ; Edme-Bonaventure COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XIX, pp. 113-114.

D’après les notes annexes de l’œuvre de A. Serieys où figure un témoignage de l’incident dans le fiacre amenait Robespierre vers le Luxembourg pour l’y incarcérer, celui-ci aurait constamment tenu contre sa bouche un mouchoir(106)cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard (ed. de 1989), p. 474… A moins qu’il n’ait été agressé par un officier municipal, une fois le fiacre arrivé devant la prison(107)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 212. Robespierre n’est pas admis au Luxembourg, il est conduit à la Mairie/Administration de Police où il est accueilli avec enthousiasme vers 20h30(108)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 212, d’après le dépositions des domestiques de Fleuriot-Lescot, en annexe du rapport Courtois.

De leur côté, les deux comités de gouvernements réunis ordonnent durant l’après-midi l’arrestation de Viel, présenté comme un « employé par Robespierre et Saint-Just » et devant être conduit dans la maison de la Force(109)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 165

Une fois Robespierre arrivé à l’Administration de Police, après 21h, l’administration rédige pour Payan le billet suivant :

« Nous te donnons avis, citoyen, que nous croyons qu’il est instant qu’on ferme les barrières, si elles ne le sont pas ; qu’on envoie à la poste, que l’on mette les scellés sur toutes les presses des journalistes, et qu’à cet effet on en donne l’ordre aux commissaires de police, et les journalistes en arrestation, ainsi que les députés traîtres ; c’est l’avis de Robespierre et le nôtre.

Signé : Tanchon, Faro, E. Bigant, Quenel ».

Rédigé sous le contrôle de l’Incorruptible, le billet requiert des mesures plus vigoureuses que la Commune, qui n’a opéré de son côté qu’à la fermeture des barrières(110)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 215-216, citant E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XIII p. 102.

Pendant ce temps, à la Commune, après le discours d’Augustin Robespierre (le premier des cinq députés arrêtés à s’être rendu à l’Hôtel de Ville)(111) bien que l’un de ses témoins, l’officier municipal Guyot, ignore duquel des deux frères il s’agit, cf.  A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 213-214 ; A.N. F7 4432, il est décidé de former un comité d’exécution, et d’envoyer à Robespierre aîné une délégation pour l’inviter à le rejoindre(112)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 214, 215, 217, d’après le Procès verbal de la Commune, dirigée par Michel Lasnier qui sur son chemin rencontra Coffinhal et Hanriot, lesquels accompagnèrent sa délégation(113)il racontera l’épisode à l’Assemblée générale de sa section Mutius Scaevola, F7 4432. Econduits par Robespierre, ils reviennent à l’Hôtel de Ville et y prennent la parole vers 22h(114)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 218. Mettant cette réticence en parallèle le refus de Couthon de suivre deux administrateurs de police envoyés le libérer avec celui de Robespierre(115)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 218, Albert Mathiez la suppose comme pouvant  résulter d’une conduite commune établie entre les cinq députés robespierristes arrêtés, avant qu’ils ne soient dispersés dans différentes prisons(116)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 230-231.

Si Robespierre n’apparaît en public à la Commune que vers 1h du matin, Albert Mathiez croit pouvoir avancer qu’il y serait finalement parvenu entre 22h30 et 23h(117)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 220-221, citant la déposition de Camus, membre de la Commune qui affirme avoir vu les deux Robespierre, Le Bas et Dumas avant son départ vers minuit, et le mémoire de Longueville-Clémentière, d’après A.N., W 79, mentionnant comme les plus probables sollicitations une lettre du Comité d’exécution nouvellement créé, et la nouvelle selon laquelle les comités préparaient une réaction militaire contre la Commune, et que la Convention s’apprêtait à mettre hors la loi les insurgés(118)notamment vers 22h30 par le canonnier Chappin de la section de Bon-Conseil. Cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 219-220.

Sorti certainement aussitôt après l’événement, le pamphlet Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre (…) montre un Robespierre combatif, qui aurait pris la parole « à 7 ou 8 reprises dans la sale de la Commune au milieu de ses officiers ». Basé sur des témoignages oraux, le pamphlet est le premier à livrer des scènes de l’intérieur de la Commune, et fait état d’une apparente facilité à infiltrer l’insurrection robespierriste(119)cf. Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre et de sa faction, du 9 au 10 Thermidor, De l’Imprimerie de Paix, Passage-Honnoré, s.l.n.d., p. 1 ; Jolène BUREAU, Robespierre meurt longtemps (Thèse), p. 67.

Probablement en réponse à l’appel des deux Robespierre et de Saint-Just(120)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 221, d’après le second rapport Courtois, p. 282, Couthon est ramené de La Bourbe à l’Hôtel de Ville par les gendarmes Muron et Javois entre 1h et 1h30. Il est immédiatement sollicité par les insurgés, notamment Robespierre, sur la juste formulation à donner à une adresse, l’un des deux allant opter pour la destiner au peuple français(121)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 224-225, d’après A.N. F7 4432. Le témoignage de l’agent du Comité de Salut public Dulac (publiés un an après les faits) concorde sur ce dernier point avec ceux, fait à chaud, des gendarmes, mais aussi sur le fait que l’Incorruptible aurait invité les gendarmes à animer la foule au dehors(122)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 225-226, d’après A.N. F7 4432 ; Gérard WALTER, La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 381.

Dénouement de l’insurrection et blessure de Robespierre

La version des faits élaborée par Ernest Hamel selon laquelle Robespierre, après de longues hésitations, commença à signer l’appel à la section des Piques quand firent irruption les troupes de la Convention dirigées par Léonard Bourdon, présente l’avantage d’expliquer l’échec de la Commune, l’inachèvement de la signature de l’Incorruptible, en même temps qu’elle accrédite la version du gendarme Merda sur l’origine de sa blessure à la mâchoire(123)cf. E. HAMEL, Histoire de Robespierre t. III : La Montagne, 1867, pp. 788-790. Or, le procès-verbal du comité révolutionnaire de la section des Piques atteste de la réception de la missive, avant sa réexpédition aux comités de gouvernement(124)cf. A.N. F7 4778. Le comité révolutionnaire y affirme avoir un reçu du gouvernement, et sa version est encore accréditée par un des billets qu’il lui a envoyé le 10 thermidor, où il est fait mention d’une adresse de la Commune signée Ro(125)cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 202-204.

Un an après les faits, l’agent du Comité de salut public Dulac témoigna avoir encouragé Léonard Bourdon, premier des représentants arrivé place de Grève, à donner l’assaut de l’Hôtel de Ville, le jugeant en effectif suffisant au regard du peu de soutien dont bénéficiait désormais la Commune. Bourdon hésita pourtant, au prétexte de « deux coups de pistolet qui furent tirés en dedans ». Devant cette indécision, Dulac prétend avoir dirigé de son propre chef avec quelques volontaires l’assaut initial. Il prétendit avoir été le premier à voir Robespierre blessé, invalidant au passage la thèse soutenue par Bourdon selon laquelle l’Incorruptible aurait été blessé par le gendarme Merda(126)cf. G. WALTER, La conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 383.

Le rapport de Martigues et Vergez fils, respectivement chirurgien et officier de santé, qui  auraient été chargés d’examiner la blessure de Robespierre aux Tuileries est aujourd’hui introuvable aux Archives nationales. Mais il a été retranscrit dans le Rapport sur le 9 thermidor de Courtois, et il ressemble à d’autres comptes-rendus de l’époque. L’heure indiquée (5 heures du matin) coïncide en outre avec celui, toujours existant, effectué sur les blessures de Couthon(127)Michel BIARD, La liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795, Taillandier, 2015, pp. 155-156 + notes 71 (E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XXXVII, p. 202), 73 (biographies de Martigues et Vergez). Plusieurs contre-expertises du rapport concluent à l’impossibilité à statuer sur l’origine de la plaie : aucune trajectoire du projectile ne peut être déterminée. L’absence de mention de traces de poudre et de brûlures consécutives à un tir rapproché pourraient faire pencher vers la version de Merda, mais Vergez et Martigues ayant prodigués leurs soins une heure après la déposition de Merda, on ne peut exclure qu’ordre leur fut donné de taire tous les éléments pouvant accréditer une tentative de suicide, d’autant que leur rapport est dépourvu de la plus élémentaire objectivité. Précisant qu’ils commencèrent par laver le visage du blessé, il leur suffisait d’omettre de mentionner les traces de poudre qu’ils firent ensuite disparaître(128)Contre-expertise livrée à l’auteur par les docteurs Gérard Lahon, J.-G. Anagnostides et Bernard Proust, experts près les cours de justice de Cassation et de Rouen, cf. Michel BIARD, La liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795, Taillandier, 2015, pp. 157-159 + note 76.

 

Share

Réferences   [ + ]

1, 2. pour sa généalogie, cf. LESUEUR, Annales révolutionnaires, 1912, p. 236 bis ; M.-A. LAVOINE, Revue du Nord, 1914
3. Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 273
4. Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 272
5. Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution pp. 273-274
6. Cf. Alphonse AULARD, Les Grands Orateurs de la Révolution p. 272
7. Cf. AHRF 2013, Peter McPHEE, « Mes forces et ma santé ne peuvent suffire ». Crises politiques, crises médicales dans la vie de Maximilien Robespierre, 1790-1794, pp. 137-152
8, 9. Cf. AHRF 2013, P. McPHEE, « Mes forces et ma santé ne peuvent suffire ». Crises politiques, crises médicales dans la vie de Maximilien Robespierre, 1790-1794, pp. 137-152
10. Robespierre the oldest case of sarcoidosis. The lancet vol 382 december 21/28 2013
11. http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/recherche-sciences/maximilien-robespierre-le-plus-vieux-cas-de-sarcoidose
12. cf. AHRF 1956, J. DAUTRY, Documents inédits concernant Robespierre, pp. 210-211, citant les Archives départementales de Seine-et-Oise (présentement Yvelines ?), 4 Q 242, n°272-273
13. Après Thermidor, il fut dénoncé comme un proche du maire de Choisy-sur-Seine Vaugeois, chez qui des réunions politiques auraient eu lieu. Cf. Revue des Questions Historiques 1914, A. MATHIEZ, L’Histoire secrète du Comité de Salut public, pp. 57-58
14. cf. A.N. F7 4433, plaq. 4, Delaunay ; F7 4770, doss. 1, Laviron ; W 501, doss.1 (Loyer) ; European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 134
15. cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 127, citant les A.N. W501, fonds Fouquier (?)
16. cf. Edme-Bonaventure COURTOIS Rapport fait au nom de la Commission chargée de l’examen des papiers trouvés…, n°LIX, p. 224
17. cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 191, d’après A. N., W 80
18. cf. E. HAMEL, Histoire de Robespierre t. III : La Montagne, 1867, p. 296
19. cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 58
20. cf. Charles VELLAY, Annales révolutionnaires, 1908, p. 522
21. cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 235-237
22. instaurée le 19 août 1789 pour contenir les mécontentements qu’engendreraient la liberté illimitée de commerce et supprimée après le 10 août 1792
23. cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 237-239, d’après le Discours de Robespierre du 2 décembre 1792 à la Convention dans Oeuvres complètes, t. 9, p. 111 ; Discours du 17 juin 1793, Ibid., t. 9, p. 576
24. cf. Florence GAUTHIER, Robespierre critique de l’économie, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 240-241
25, 26. cf. Gérard WALTER La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 49
27. cf. AHRF 1958 (n°4), A. RUFER, En complément des  Dropmore Papers, p. 18
28. cf. Carnot ou le savant Citoyen, J.-P. BERTAUD, Carnot et le 9 thermidor, p. 78
29. cf. Mémoires sur Carnot par son fils, t. I, p. 531 et suiv.
30. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 77-79 (notes)
31. cf. Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 156
32. cf. Réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 168-170 [+ notes) A noter que cette séance du Comité de salut public est datée du 22 floréal
33. cf. Albert MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 157
34. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 163-164
35. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 166
36. cf. Revue Historique de la Révolution Française, avril-juin 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 166
37. cf. R. COBB, Les Armées révolutionnaires, instrument de la Terreur dans les départements Avril 1793 – Floréal an II, 1961-63, p. 537 ; Paul Mansfield dans la revue French History 1988, pp. 96-101
38. Lettre de Collot à Maurice Duplay, cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, p. 147
39. cf. Michel BIARD, Collot d’Herbois, P.U.L., 1995, pp. 147-148
40. le 23 messidor, cf. Journal des hommes libres, 27 messidor an II
41. Lettre de Gillet, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc., supprimés ou omis par Courtois tome I, Baudouin frères, 1828, pp. 217-220
42. Lettre anonyme du 20 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc., supprimés ou omis par Courtois tome II, Baudouin frères, 1828, pp. 144-149 ; A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 168
43. cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 139-143
44. Figure entre parenthèses sur la « liste des patriotes » de Robespierre (à côté de Marteau, président d’une des Commissions populaires de Paris) en ces termes : « s’informer de Gravier », cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 10
45. cf. AHRF 1934, A. QUESNOT, La prétendue lettre de Fernex à Robespierre, p. 168
46. au n°355 rue Honoré, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 211
47. Gravier aurait également habité rue du Champ Fleuri, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, p. 207
48. cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 194-235, un rassemblement de ses lettres adressées à Robespierre, comme celles que lui ont écrites lesdits Achard, Pilot, etc.
49, 53. cf. AHRF 1931, P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, pp. 531-532
50. qui lui écrit notamment le 3 décembre, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 138 ; le 24 frimaire, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 137, le 10 nivôse, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 202-204 ; le 17 germinal, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147 ; le 7 floréal cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 199-201 et le 16 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 205-207
51. perruquier de profession, aurait auparavant, le 19 frimaire (8 décembre) adressé une lettre à Collot d’Herbois, d’un terrorisme exagéré qui n’aurait pas été du goût de ce dernier, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 151 ; cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2
52. C’est également la fonction de Fillon, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 163. Achard, par la suite, aurait occupé un temps la fonction d’agent national, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 190 ; Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. (…) t. II, pp. 194-235, un rassemblement de ses lettres adressées à Robespierre, comme celles que lui ont écrites lesdits Achard, Pilot, etc.
54. qui lui écrit notamment le 3 décembre, cf. Salomon de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p.138 ; le 24 frimaire, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 137, le 10 nivôse, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 202-204 ; le 17 germinal, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147 ; le 7 floréal cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc. t. II, pp. 199-201 et le 16 messidor, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 205-207
55. cf. A. AULARD, Recueil des actes du Comité de Salut public, Table (t. VI-XVII), p. 2
56. présent dans la « liste des patriotes » dressée par Robespierre, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 8
57. D’Aumale (ou Daumale), juge de l’ex Tribunal révolutionnaire de Lyon, proche (secrétaire?) de Couthon demeuré à Commune-Affranchie après son départ, il aurait demandé à la Commission révolutionnaire des Sept de tenir un registre de leurs jugements, cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 151-152. Il fonde le 1er frimaire an II (21 novembre 1793) le « Journal de Commune-Affranchie », dont la publication cesse le 13 nivôse (2 janvier), son auteur étant renvoyé devant le tribunal la veille, cf. Philippe BOURDIN, Le Noir et le Rouge, 2000, p. 364 ; Aimé VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 41-45. Il ne demeura qu’une dizaine de jours en prison et repartit pour Paris pendant six mois, avant de revenir à Lyon en messidor et relancer brièvement son journal du 1er au 15 thermidor, cf A. VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 46-48. Il semble avoir été soutenu par la Société populaire locale, cf. A. VINGTRINIER, Histoire des journaux de Lyon, 1852, pp. 45, 47, 48. Egalement mentionné par Pilot, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 199
58. cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…), t. II, pp. 225-227
59. sur ordres probables de Fouché et Méaulle, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 144-145
60. pour juger de la radicalité d’Emery, voir sa lettre au frère de Gravier, résidant à Grenoble cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 181-182
61. cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, p. 39 ; L. MADELIN, Fouché 1759-1820, pp. 146-147
62.   on ne dispose pas de lettre de Pilot à Gravier avant le 17 germinal, cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, t. II, pp. 201-202
63. cf. S. de la CHAPELLE, Histoire des tribunaux révolutionnaires de Lyon, 1879, pp. 39-40
64. cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. II, pp. 199-202
65. la réciproque fut également vraie : dans une dépêche du Républicain Lyonnais du 10 germinal, Fouché avait qualifié la société populaire de Lyon, qu’il venait de faire fermer, d’hébertiste, cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p. 146 ; Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, p. 205
66. cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, (…) t. II, pp. 214-215
67. Paul Vaillandet avance que c’est incohérent et qu’elle serait plutôt adressée à Gravier, cf. AHRF 1931, P. VAILLANDET, Une lettre de Fernex à Robespierre, pp. 530, 532
68. et s’en remet aux témoignages de « Fillion et Emery, mais encore d’Achard, de Pillot » cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre (…) t. I, p. 194
69. cf. discours du 18 floréal an II ; European Studies Review, 1975, Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 132
70. cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 131
71. cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, pp. 16-17-19
72. cf. Annales révolutionnaires 1918, A. MATHIEZ, La police royaliste sous la Terreur – Les correspondants parisiens de d’Antraigues, p. 385
73. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 166-167
74. à la séance des Jacobins du 6 thermidor : « Heureusement qu’ils y sont en bien petit nombre, très-petit nombre, et que la vertu et l’énergie de la Convention nationale peuvent écraser à volonté les cinq ou six petites figures humaines, dont les mains sont pleines des richesses de la République, et dégouttantes du sang des innocens qu’ils ont immolés. », cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, 1837, p. 387
75. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 6566
76. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 67 (note)
77. cf. Mémoires de B. Barère, ancien rapporteur du Comité de salut public vol. II, pp. 210-211
78. cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 17 & Réponse de Billaud à Lecointre, p. 5
79. cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, p. 22
80. cf. Mémoire inédit de Billaud Varenne, Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, p. 25
81. cf. Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, Mémoire inédit de Billaud Varenne, pp.19-20
82. cf. A. AULARD, Recueil des Actes du Comité de Salut Public
83. cf. Françoise BRUNEL 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, pp. 86-87
84. cf. Albert MATHIEZ, Girondins et Montagnards, chap. VI, p. 145
85. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 159-160
86. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 254
87. cf. Mémoire inédit de Billaud Varenne, Revue Historique de la Révolution Française, janvier-mars 1910, pp. 24-25
88. cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p.95
89. cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 95
90. cf. Gérard WALTER La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 103
91. cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, éd. de 1989, p. 457
92. cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 205-206
93. cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, 1837, p. 417 (note)
94. cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 206-209
95. cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, p. 212
96. cf. Archives parlementaires, 1ère série, t. XCIII, p. 534
97. cf. Jacques SOLE, Robespierre à la Convention le 8 thermidor : discours testament ou discours programme ?, in  « Recueil des actes du colloque Robespierre », Lille, 1994, pp. 209-211
98. cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 498, d’après La Correspondance politique de Paris et des départements, n° 90 du 10 thermidor an II
99. Cette réplique de Javogues ne figure pas dans la Correspondance politique mais dans le Conservateur décadaire des principes républicains et de la morale politique ou Recueil consacré au développement et à la propagation des vérités qui peuvent fortifier le régime social de la République démocratique française de fructidor an II, t. II, pp. 430 et suiv. Cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 499 (+ note 1)
100. cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 p. 499, d’après La Correspondance politique de Paris (…), n° du 10 thermidor an II
101. cf. Charles de LACRETELLE Histoire de France pendant le XVIIIe siècle, t. XII, ed. de 1825, pp. 84-87
102. cf. Georges MICHON, Les séances des 8 et 9 thermidor aux Jacobins, AHRF 1924 pp. 499-501, d’après La Correspondance politique de Paris (…), 10 thermidor an II
103, 104. cf. A.N. F7 4432
105. cf. Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 210-212 ; Edme-Bonaventure COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XIX, pp. 113-114
106. cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard (ed. de 1989), p. 474
107. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 212
108. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 212, d’après le dépositions des domestiques de Fleuriot-Lescot, en annexe du rapport Courtois
109. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, p. 165
110. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 215-216, citant E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XIII p. 102
111. bien que l’un de ses témoins, l’officier municipal Guyot, ignore duquel des deux frères il s’agit, cf.  A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 213-214 ; A.N. F7 4432
112. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 214, 215, 217, d’après le Procès verbal de la Commune
113. il racontera l’épisode à l’Assemblée générale de sa section Mutius Scaevola, F7 4432
114. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 218
115. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 218
116. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 230-231
117. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 220-221, citant la déposition de Camus, membre de la Commune qui affirme avoir vu les deux Robespierre, Le Bas et Dumas avant son départ vers minuit, et le mémoire de Longueville-Clémentière, d’après A.N., W 79
118. notamment vers 22h30 par le canonnier Chappin de la section de Bon-Conseil. Cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 219-220
119. cf. Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre et de sa faction, du 9 au 10 Thermidor, De l’Imprimerie de Paix, Passage-Honnoré, s.l.n.d., p. 1 ; Jolène BUREAU, Robespierre meurt longtemps (Thèse), p. 67
120. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 221, d’après le second rapport Courtois, p. 282
121. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 224-225, d’après A.N. F7 4432
122. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 225-226, d’après A.N. F7 4432 ; Gérard WALTER, La Conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 381
123. cf. E. HAMEL, Histoire de Robespierre t. III : La Montagne, 1867, pp. 788-790
124. cf. A.N. F7 4778
125. cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune le 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, pp. 202-204
126. cf. G. WALTER, La conjuration du Neuf Thermidor, Gallimard, p. 383
127. Michel BIARD, La liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795, Taillandier, 2015, pp. 155-156 + notes 71 (E.-B. COURTOIS, Rapport (…) sur les événements du 9 thermidor… Paris, de l’Imprimerie nationale, floréal an IV, pièce justificative n° XXXVII, p. 202), 73 (biographies de Martigues et Vergez)
128. Contre-expertise livrée à l’auteur par les docteurs Gérard Lahon, J.-G. Anagnostides et Bernard Proust, experts près les cours de justice de Cassation et de Rouen, cf. Michel BIARD, La liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795, Taillandier, 2015, pp. 157-159 + note 76

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *