PRIEUR de la CÔTE-d'OR

Claude-Antoine Prieur-Duvernois, dit

Age : Né à Auxonne, 30 ans en thermidor

Surnom : Appelé Prieur de la Côte-d’Or (pour le différencier de Prieur de la Marne)

Adresse :  5, rue Caumartin

Profession : Ingénieur militaire

Fonction(s) : Elu député de la Côte-d’Or à la Convention le 5 septembre 1792. Membre du Comité de salut public du 14 août 1793 au 16 vendémiaire an III (7 octobre 1794).

Origine et parcours de Prieur de la Côte-d’Or

Fils d’un receveur des finances, Prieur Duvernois est placé en orphelinat dès l’âge de quatre ans, puis reçoit à Dijon un éducation axée sur les mathématiques et les sciences. Il intégra par la suite l’Ecole du Génie de Mézières. Il y eut comme professeurs Monge et le chimiste Guyton-Morveau, duquel il devint l’assistant. L’un comme l’autre sont envoyés par leur département siéger à l’Assemblée Législative comme à la Convention(1)cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, pp. 62, 121, 140.

  • Portrait : Visage rond mais avec un nez prononcé, cheveux plats et regard doux et grave, Prieur apparait comme un personnage timide, dépourvu de qualités oratoires(2)cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 141.

Un « réseau » bourguignon ?

Avec Louis-Antoine Pille (futur commissaire au mouvement des armées en 1793-1795), Bazire (futur membre du premier Comité de sûreté générale), Théophile Berlier (qui sera brièvement membre du Comité de salut public en juin-juillet 1793(3)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 84-85) et Carnot Feulins (frère de Carnot), Prieur fréquentait le club patriotique que Guyton avait fondé à Dijon en 1789.
En juin 1793, Guyton-Morveau, qui précéda Prieur de la Côte-d’Or au Comité de salut public, avait créé la cinquième manufacture d’armes du pays après celles de Saint-Etienne, Charleville, Tulle et Moulins, à partir de plusieurs ateliers épars à Paris. Guyton participa à sa direction après son départ du Comité. Son remplacement un mois plus tard par Prieur, s’explique probablement par les liens que Guyton avait noués avec Barère (il reprendra d’ailleurs sa place après le départ de son ancien disciple en octobre 1794(4)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 61-62.

Prieur de la Côte-d’Or au sein du Comité de Salut Public

Au terme d’une cinquantaine de jours de captivité à Caen, Romme et Prieur sont libérés après la défaite de Vernon(5)cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. V, p. 49. Barère propose ensuite à ce dernier d’intégrer le Comité de Salut Public. C’est sur son conseil que Barère se serait également tourné vers Carnot, passé dix ans avant lui par l’Ecole du Génie de Mézières(6)cf. Georges BOUCHARD, Prieur de la Côte-d’Or, Paris, 1946, pièces annexées, pp. 434-435 ; B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 61-62).

Chargé de la fabrication des poudres, Prieur encouragea les citoyens à récolter le salpêtre(7)cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. V, p. 49. Ayant déjà effectue avant son entrée dans le Comité des missions à travers les départements de l’Ouest touchés par la révolte fédéraliste, il repart pour la Vendée en octobre 1793 accompagné de Nicolas Hentz, puis dans le nord en décembre 1793 en compagnie de Hentz, Laurent et Florent Guiot(8)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, p. 140.

Il s’investit également dans la Commission des Travaux publics. Créée le 21 ventôse an II (11 mars 1794), elle est chargée entre autres de préparer l’organisation d’une école rassemblant toutes les classes d’ingénieurs (future école Polytechnique). Prieur impliqua dans le projet ses anciens professeurs Monge et Guyton-Morveau(9)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, p. 63.

En floréal, Saint-Just reprocha à Prieur l’incarcération (avérée ou imminente ?) au Luxembourg d’un agent des poudres et salpêtres(10)cf. Mémoires sur Carnot par son fils, t. I, pp. 531 & suiv.. Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier révélèrent par la suite que l’agent en question était le beau-frère de Sijas (qui travaillait sous l’autorité de Louis-Antoine Pille, devenu commissaire au mouvement des armées entre 1793 et 1795). Le député Niou aurait été témoin de la scène. Après de fermes dénégations de Prieur(11)cf. Réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 77-78 (notes), Saint-Just se serait reporté sur Carnot qui, accusé de liens avec l’aristocratie et menacé de la guillotine, aurait répliqué en le traitant, ainsi que Robespierre de « dictateurs ridicules »(12)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 156.

Prieur de la Côte-d’Or après le 9 thermidor

Sorti du Comité de Salut Public en octobre 1794, Prieur de la Côte-d’Or poursuit son action au Comité d’Instruction Publique, où il jette les bases d’une école réunissant toutes les classes d’ingénieurs, future Ecole Polytechnique. Au printemps 1795, il prendra la défense de ses collègues du gouvernement de l’an II(13)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, p. 140.

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Réferences   [ + ]

1. cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, pp. 62, 121, 140
2. cf. Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 141
3. cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 84-85
4. cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 61-62
5. cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. V, p. 49
6. cf. Georges BOUCHARD, Prieur de la Côte-d’Or, Paris, 1946, pièces annexées, pp. 434-435 ; B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, pp. 61-62
7. cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. V, p. 49
8, 13. cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, p. 140
9. cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, p. 63
10. cf. Mémoires sur Carnot par son fils, t. I, pp. 531 & suiv.
11. cf. Réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 77-78 (notes)
12. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 156