PANIS

Etienne-Jean Panis

Etienne-Jean Panis, Metropolitan Museum, D. R.

Age : 37 ans en thermidor

Adresse : 316 rue Saint-Honoré

Fonction(s) : Elu député de Paris à la Convention le 12 septembre 1792. Membre du Comité de sûreté générale de septembre 1793 à nivôse an II.

Origine et débuts politiques de Panis

Originaire du Périgord, Etienne Panis fut reçu avocat à Paris et épousa la soeur du héros de la prise de la Bastille Santerre, devenu chef de la garde nationale au printemps 1792. Dans le sillage de son beau-frère, qui s’illustra lors des journées des 20 juin et 10 août 1792, Panis intègra l’Administration de Police au sein de la « Commune du 10 Août »(1)cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541.
Comme Fréron, Panis était un proche des Desmoulins(2)cf. Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects, in European Studies Review, 1975, p. 133.

Panis à la Convention

Elu député de Paris à la Convention, Panis s’assit sur les bancs de la Montagne et se confronta âprement aux Girondins qui lui reprochaient sa complaisance face aux Massacres de septembre(3)cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541.
Suite au scandale qui suivit la liquidation de la Compagnie des Indes, il intégra le 14 septembre 1793 un Comité de sûreté générale largement renouvelé, aux côtés de Vadier, Le Bas, Boucher Saint-Sauveur, David, Rühl, Lebon, Voulland et Moyse Bayle(4)cf. Emilie CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 5 .

Les membres du Comité s’étant réparti le travail par régions par le règlement du 19 octobre 1793, Panis fut chargé, avec Lavicomterie, David et Rühl, de celle de Paris(5)cf. E. CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 6 .

Il démissionna du Comité de sûreté générale en nivôse an II, après l’arrestation de Santerre. D’après le témoignage de son collègue Rühl, il était très critique envers Héron, l’un des agents du Comité, qu’il accusait de rançonner les citoyens auxquels il avait affaire. Son arrestation, décidée deux mois après le départ de Panis du Comité, aurait finalement été annulée par l’action de Robespierre(6)cf. R. COBB, Les témoignages de Rühl, AHRF 1955, p. 113.

Panis pendant les 8 et 9 Thermidor

Panis intervint à la Convention durant la séance du 8 thermidor après l’attaque décisive portée par Cambon à Robespierre. Il demanda le premier à ce que Robespierre donne les noms des Montagnards qu’il souhaitait proscrire, cherchant notamment à savoir si Fouché et lui-même figuraient sur sa liste. Dans un passage omis par l’édition du Moniteur datée du 11 thermidor(7)Cette omission fut reconnue par le journal dans son n° du 25 ventôse an VI : « L’accueil que reçut la proposition de Fréron et Panis de la part des deux comités qui étaient présens nous fit craindre d’être punis de trop de fidélité. Mais nous avons les manuscrits du tems ». Cf. Gazette nationale ou le Moniteur universel, 25 ventôse an VI (15 mars 1798), p. 702 , il soutint également, contre Billaud-Varenne, la proposition de Fréron d’abroger la loi du 22 prairial(8)cf. Archives parlementaires, 1ère série, t. XCIII, p. 534.

Le 9 Thermidor, Panis fit partie d’une liste des factieux dressée par la Commune, aux côtés de Collot d’Herbois, Amar, Léonard Bourdon, Fréron, Tallien, Carnot, Dubois-Crancé, Vadier, Javogues, Dubarran, Fouché, Granet et Moyse Bayle. Pour avoir « osé plus que Louis XVI lui-même, puisqu’ils ont mis en état d’arrestation les meilleurs citoyens », ils devraient être à leur tour « arrêtés pour délivrer la Convention de l’oppression où ils la retiennent »(9)cf. Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, p. 223, d’après A. N. F7 4432.

Panis après Thermidor

Sur proposition d’Auguis, Panis fut poursuivi par la Convention thermidorienne pour sa participation aux émeutes de prairial an III. Il recouvrit la liberté par l’amnistie du 4 brumaire an IV. Il s’occupa de tâches administratives par la suite et fit partie, selon une source non précisée par Robert et Cougny, de la police secrète d’Empire. Passible d’exil en 1816, il parvint dependant à demeurer à Paris, où il mourut en 1832(10)cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541.

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Réferences   [ + ]

1. cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541
2. cf. Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects, in European Studies Review, 1975, p. 133
3. cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541
4. cf. Emilie CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 5
5. cf. E. CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 6
6. cf. R. COBB, Les témoignages de Rühl, AHRF 1955, p. 113
7. Cette omission fut reconnue par le journal dans son n° du 25 ventôse an VI : « L’accueil que reçut la proposition de Fréron et Panis de la part des deux comités qui étaient présens nous fit craindre d’être punis de trop de fidélité. Mais nous avons les manuscrits du tems ». Cf. Gazette nationale ou le Moniteur universel, 25 ventôse an VI (15 mars 1798), p. 702
8. cf. Archives parlementaires, 1ère série, t. XCIII, p. 534
9. cf. Albert MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, p. 223, d’après A. N. F7 4432
10. cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. IV, p. 541