LACOSTE

Elie Lacoste

[à ne pas confondre avec Jean-Baptiste Lacoste, député du Cantal]

Age : Né à Montignac (Dordogne), 48 ans en Thermidor an II

Adresse : 52 rue (Saint-)Honoré

Métier : Médecin

Fonction(s) : Député de Dordogne à la Convention depuis le 6 septembre 1792, membre du Comité de sûreté générale à partir de novembre 1793

Origine et parcours d’Elie Lacoste

Médecin natif de Montignac, Elie Lacoste fut élu député de la Dordogne à l’Assemblée législative puis à partir de septembre 1792 à la Convention. Il retourna en mission dans son département où il agit avec modération(1)cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 499, avant d’être nommé fin octobre 1793 au Comité de sûreté générale en remplacement de Laloy. Il est le dernier membre à rejoindre l’équipe qui se maintiendra jusqu’à la chute de Robespierre(2)cf. Michel EUDE, Le Comité de sûreté générale de la Convention in « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », 1979, Droz, p. 15 (note) ; Emilie CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 5.

Au nom du Comité, Elie Lacoste fut le rapporteur d’une douzaine de grandes affaires devant la Convention, après Voulland (une quarantaine), Amar (17), du Barran (15) et Vadier (14)(3)cf. E. CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’IHRF 3|2012, p. 9.
Le 26 prairial, il fit notamment le rapport sur la conspiration de Batz, englobant entre autres les tentatives d’assassinat contre Collot d’Herbois et Robespierre(4)cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XX, Paris, Plon, 1861, p. 722.

Elie Lacoste pendant les événements de Thermidor

Présidence des Jacobins

Président des Jacobins depuis depuis le 1er thermidor an II (19 juillet 1794), il dirige la séance du 6 thermidor principalement occupée par un discours de Couthon. Si comme Barère la veille à la Convention, il assure que la concorde règne entre les comités de salut public et de sûreté générale, il adresse de prudents remarques sur ce dernier comité, lequel « a été entouré de scélérats » ayant pu persécuter des innocents et semer « l’épouvante dans le cœur des patriotes »(5)cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, Paris, Paulin, 1837, pp. 386-387.
Il est en revanche absent de la séance du 8 thermidor, remplacé par Vivier(6)cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 95.

Dans la nuit du 8 au 9 thermidor

Dans leur Réponse à Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier mentionnent qu’Elie Lacoste se solidarisa avec Collot dans sa réponse vigoureuse à Saint-Just, quand celui-ci lui aurait demandé des nouvelles des Jacobins. Entre la première saillie de Collot et une vive réprobation de Barère, Lacoste aurait dit : « C’est un triumvirat de fripons, c’est Robespierre, Couthon et Saint-Just, qui machinent contre la patrie »(7)cf. La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, p. 158 (note).

Durant la première séance de la Convention du 9 thermidor

C’est Lacoste qui écrivit le décret d’arrestation d’Augustin Robespierre(8)Les décrets immédiatement antérieurs et postérieurs (n°10 126 et n° 10 128), concernant respectivement Robespierre ainé Couthon, Saint-Just et Lebas, sont pour leur part anonymes. Cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 99.

Durant la seconde séance de la Convention

Aussitôt après que la Convention apprit de Goupilleau de Montaigu la nouvelle de la libération de Hanriot, Elie Lacoste vint lui annoncer celle de Robespierre. L’Incorruptible, après avoir été refusé à la prison du Luxembourg – Lacoste se désolidarisant ouvertement au nom du Comité de sûreté générale de son envoi là bas –, aurait été directement redirigé par des administrateurs de police vers la Commune, où il fut accueilli chaleureusement par des officiers municipaux. Il s’agit d’un amalgame manifeste entre la rébellion du Conseil général et les événements survenus à l’Administration de police, puisque c’est là et non à la Commune que Robespierre fut accueilli. Lacoste conclut son intervention en demandant la mise hors la loi des administrateurs, inaugurant durant ces événements le recours à cette procédure définitive mise en place par Cambacérès, et dont le périmètre sera sans cesse élargi au cours de la soirée(9)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 590 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 252 (+ note 3), d’après Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 340.

Durant la séance de matinée du 10 thermidor

Le 10 thermidor en fin de matinée, Lacoste vient porter la réponse des comités de salut public et de sûreté générale sur diverses questions soulevées à la Convention durant la nuit et la matinée. Reprenant l’idée évoquée par Thuriot dès la séance nocturne du 9 au 10 thermidor, il fait décréter que l’échafaud sera dressé place de la Révolution. En réponse aux problèmes soulevés à l’ouverture de la séance de la matinée par Fouquier-Tinville, il fait adopter son rapport dispensant la présence de deux officiers municipaux pour la séance du Tribunal révolutionnaire(10)cf. A. N., W 434 975 p. 3-4 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 344 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 316-317 ; F. BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 108.

Elie Lacoste après Thermidor

Elie Lacoste s’oppose à Lecointre en fructidor an II puis est attaqué par Gouly pour son implication dans les émeutes de prairial an III. Il est emprisonné jusqu’à l’amnistie de vendémiaire an IV, puis retourne exercer la médecine dans son département d’origine, où il finit ses jours en 1806(11)cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 499.

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Réferences   [ + ]

1. cf. A. ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 499
2. cf. Michel EUDE, Le Comité de sûreté générale de la Convention in « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », 1979, Droz, p. 15 (note) ; Emilie CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française 3|2012, p. 5
3. cf. E. CADIO, Le Comité de sûreté générale (1792-1795), in La Révolution française — Cahiers de l’IHRF 3|2012, p. 9
4. cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XX, Paris, Plon, 1861, p. 722
5. cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXXIII, Paris, Paulin, 1837, pp. 386-387
6. cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 95
7. cf. La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, réimpression de la Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre, p. 158 (note)
8. Les décrets immédiatement antérieurs et postérieurs (n°10 126 et n° 10 128), concernant respectivement Robespierre ainé Couthon, Saint-Just et Lebas, sont pour leur part anonymes. Cf. Françoise BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 99
9. cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 590 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, p. 252 (+ note 3), d’après Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, p. 340
10. cf. A. N., W 434 975 p. 3-4 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 344 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, pp. 316-317 ; F. BRUNEL, 1794. Thermidor. La chute de Robespierre, p. 108
11. cf. A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 499