JEAN BON SAINT-ANDRÉ

André Jeanbon, dit

Jean Bon Saint-André par Jacques-Louis David

Age : Né à Montauban, 45 ans en thermidor

Adresse :  7 rue Gaillon

Profession : Marin, puis pasteur

Fonction(s) : Elu député du Lot à la Convention le 5 septembre 1792, membre du Comité de salut public depuis le 10 juin 1793. Fréquemment en mission pour superviser les opérations maritimes, il est absent de Paris le 9-Thermidor.

Origine et parcours de Jean Bon Saint-André

Issu d’une famille d’artisans calvinistes de Montauban, André Jeanbon, après des études chez les Jésuites, s’engage dans la marine marchande jusqu’à 19 ans, avant de suivre à Lausanne des études de théologie. Pasteur à Castres en 1773 où il adopte le pseudonyme de « Saint-André », il exerce ensuite sa charge à Montauban, où on le retrouve en 1791. Jean Bon Saint-André s’implique alors dans le club local des Jacobins mais ayant échoué à se faire élire à l’Assemblée législative, il devient officier municipal et proche du député girondin Lasource(1)cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 595 ; Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124.

Jean Bon Saint-André membre du Comité de Salut Public et représentant en mission

Elu à la Convention, Jean Bon Saint-André évolue vers les Montagnards et effectue une première mission dans le Lot et la Dordogne, dont il revient avant les journées des 31 mai/2 juin 1793. Il entre au Comité de salut public le 10 juin suivant, en vue de la réorganisation de la marine nationale. D’abord envoyé dans le Nord aux côtés de Le Bas et Prieur de la Marne, il repart avec ce dernier pour Brest et Lorient où il demeure jusqu’en janvier 1794. La marine étant fortement affectée par l’émigration massive de ses officiers, Jean Bon Saint-André prit le risque de mettre en avant l’amiral Villaret de Joyeuse, réputé pour la tiédeur de ses sentiments républicains. Il dut également compenser ce déficit de cadres par d’importants avancements et promotions, avec des résultats variables, et fit des efforts en vue d’améliorer les conditions des ouvriers des arsenaux.

Carnot souhaitant ménager la marine en vue d’un débarquement futur sur l’Angleterre, Jean Bon Saint-André entraîna surtout corvettes et frégates vers une guerre de courses couronnée de succès. Durant son passage à Cherbourg fin 1793, il fit la promotion de l’Être Suprême. Rentré à Paris à la fin de l’hiver de l’an II, il y fait approuver son projet de descente sur Jersey avant de retourner à Brest au printemps. Malgré de lourdes pertes (Villaret de Joyeuse perdit 4 navires dont « Le Vengeur »), la confrontation avec la flotte anglaise qui eut lieu entre le 28 mai et le 1er juin 1794 affaiblit suffisamment l’ennemi pour permettre l’arrivée à bon port des convois de ravitaillement américains menés par Van Stabel. Revenu une semaine à Paris, il repart le 18 messidor pour redresser la situation de la flotte méditerranéenne. Il est à Toulon lorsque éclate le 9-Thermidor(2)cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, pp. 596-597 ; Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124.

Jean Bon Saint-André après le 9-Thermidor

Au terme du débat déclenché le 11 thermidor(3)cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, pp. 362 & suiv. par la question du renouvellement des postes laissés vacants au Comité de salut public après l’élimination de Robespierre, Saint-Just et Couthon, Jean Bon Saint André est considéré (sur proposition initiale de Fréron) comme démissionnaire du comité. Il est remplacé deux jours plus tard (31 juillet 1794) mais sa mission à Toulon est maintenue. Revenu du Midi en mars 1795, il doit répondre aux accusations qui s’abattent contre les anciens membres des Comités de l’an II, et est incarcéré en même temps que Lindet, de mai à octobre 1795(4)cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124.

Sous le Directoire, Jean Bon Saint André obtint, grâce à Carnot, le poste de consul général à Alger pour s’occuper du ravitaillement en blé du Midi. Il fut muté à Smyrne après le coup d’Etat du 18-Fructidor an V, qu’il approuva. Emprisonné suite à l’expédition d’Egypte de Bonaparte, il devint préfet à Mayence à sa libération en l’an X. Sans pour autant renier la Révolution, il devint chevalier de la Légion d’honneur, baron d’Empire et vénérable de la loge maçonnique de Mayence. Il était encore en charge dans cette ville quant il mourut du typhus en 1813, alors que les troupes françaises refluaient sur le Rhin après la défaite de Leipzig(5)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 597.

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Réferences   [ + ]

1. cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 595 ; Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124
2. cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, pp. 596-597 ; Bernard GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124
3. cf. Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, pp. 362 & suiv.
4. cf. B. GAINOT, Dictionnaire des membres du Comité de salut public, Taillandier, 1990, p. 124
5. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 597