BOURDON de L'OISE

François Louis Bourdon, dit

Age : Né au Rouy-le-Petit, 36 ans en Thermidor

Adresse : Rue des Saint-Pères

Métier : Procureur au Parlement de Paris

Fonction(s) : Elu (?) député de l’Oise à la Convention, membre du Comité de sûreté générale après Thermidor

Origines et débuts politiques de Bourdon de l’Oise

Procureur au Parlement de Paris en 1783, Bourdon de l’Oise devient un orateur véhément aux débuts de la Révolution. Il aurait participé à la prise des Tuileries le 10 Août 1792 auprès des Marseillais avant de devenir député à la Convention grâce au fait que son homonyme Léonard Bourdon, élu dans l’Oise et dans le Loiret, avait choisi ce dernier département. Profitant de l’absence de prénom dans la candidature déposée dans l’Oise, François Bourdon aurait réussi à s’y faire reconnaître à sa place(1)cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 146 ; J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 596.

Activité politique de Bourdon de l’Oise

Montagnard, Bourdon de l’Oise vota la mort du roi sans appel ni sursis. Envoyé dans l’Orne en mars 1793, il est élu président des Jacobins à son retour et participe activement aux journées des 31 Mai/2 Juin contre les Girondins. Reparti en mission dès juillet 1793, il s’oppose aux généraux Sans-culottes Ronsin et Rossignol. Dénoncé, il est rappelé en septembre par la Convention et évite la radiation des Jacobins grâce à Robespierre. L’hostilité qu’il manifeste dès lors contre les hébertistes le rapproche de Danton. A la suite de certains de ses proches (le président du département de Paris Dufourny, Fabre d’Eglantine), il dénonce à son retour de mission en Alsace en décembre 1793 Hérault de Séchelles pour ses liens supposés avec l’étranger et obtient l’arrestation de Vincent et Ronsin(2)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146 ; A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 340.

Lors des discussions autour du décret du 14 frimaire an II, il propose, conjointement avec Merlin de Thionville, de supprimer les ministres. Robespierre fait échouer cette proposition (qui sera néanmoins adoptée quatre mois plus tard) alors que ceux-ci ne réussissent pas, durant les deux journées qui suivent, à faire échouer son projet de décret sur la liberté des cultes(3)cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXX, Paris, 1837, pp. 345-346.

Bourdon de l’Oise est par la suite exclu des Cordeliers et faillit l’être des Jacobins(4)cf. J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 597. S’exprimant désormais essentiellement à la Convention, il attaque fréquemment les Comités de Salut public et de Sûreté générale, et devint un adversaire prononcé de la Commune de Paris, qu’il accable au moment de la chute des hébertistes. Il demanda à cette occasion l’arrestation de Héron, mais Robespierre en fit rapporter le décret. Bourdon n’en continua pas moins à soutenir des mesures terroristes comme au moment du procès des fermiers généraux en floréal an II(5)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, pp. 148-149, 223 (note 3).

Fin prairial, après s’être vivement opposé à la loi du 22 prairial défendue à la Convention par Robespierre et Couthon, il aurait confié à l’avocat Berryer père qu’entre lui et l’Incorruptible s’était engagé un duel à mort, et lui aurait montré le large coutelas avec lequel, similairement à Tallien, il entendait le frapper(6)cf. Albert MATHIEZ, Notes & glanes, AHRF 1927, pp. 166-167, d’après La vie au barreau, mémoires de P. N. Berryer, p. 123 & suiv. ; A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, p. 154.

Le 23 messidor, le représentant Gillet, en mission dans le Brabant, expédie au Comité de salut public trois exemplaires du Mercure universel dont le n°361, où Bourdon de l’Oise et Tallien sont considérés « par nos féroces ennemis comme les champions de la faction qui doit, suivant eux, renverser le Comité de Salut public. »(7)cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 169.

Pourtant, dans leur Réponse aux imputations de Laurent Lecointre, Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier revendiquent d’avoir mis Bourdon de l’Oise à l’abri de toute recherche sur la question des persécutions religieuses, ainsi que Fouché, Dubois-Crancé et Tallien(8)cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 65-66.

Bourdon de l’Oise pendant le 9-Thermidor

Peu après l’ouverture de la séance extraordinaire du Conseil général de la Commune, Payan rédige une proclamation en réponse à celle de la Convention, dressant l’éloge des députés arrêtés et désignant Bourdon de l’Oise (accusé d’avoir calomnié la Commune), Du Barran(9) Mathiez évoque un autre arrêté où Payan ne mentionnait pas ces deux noms, mais faisait figurer Léonard Bourdon dans sa liste de 4 députés, comme ce sera le cas dans une liste plus large donnée dans le courant de la soirée. Cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, p. 223 ( note 1), d’après A. N., F7 4432 ?, Amar, Collot d’Herbois et Barère comme ses ennemis(10)cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, p. 223 ; P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, p. 46 (note 1), d’après A. N., F7 4432, pl. 1, 40.

Dès l’ouverture la seconde la séance de la Convention à 19 h., Bourdon de l’Oise fait état de bruits selon lesquels la Commune et les Jacobins préparaient une insurrection(11)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 587 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, pp. 338.

Vers 21 h., après avoir été nommé nouveau chef de la Garde nationale en remplacement d’Hanriot, mis hors la loi, Barras demande à être suppléé par d’autres représentants en raison de sa mauvaise connaissance de Paris. Bourdon de l’Oise en fait partie, aux côtés notamment de Féraud, Delmas, Fréron, Bollet, Léonard Bourdon et Rovère. Ils se font bientôt acclamer par leurs collègues, revêtus des costumes et des pouvoirs des représentants du peuple aux armées, et jurent, sabre en main, de sauver la patrie(12)cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 590-591 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 340 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, p. 253.

Bourdon de l’Oise après le 9-Thermidor

Le 23 thermidor, Merlin de Douai propose à la Convention la réforme abrogeant la loi du 22 prairial et rétablissant presque entièrement la précédente loi des suspects, dont il était l’auteur principal(13)cf. Annie JOURDAN, Les discours de la Terreur à l’époque révolutionnaire in French Historical Studies, 2013, pp. 68-69 ( note 91), d’après Réimpression du Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, pp. 447-448. Bourdon de l’Oise fait une motion qui sera à l’origine de son seul ajout original, l’apparition de la « question intentionnelle »(14)cf. Annie JOURDAN, La Convention ou l’empire des lois — Le Comité de législation et la commission de classification des lois in La Révolution française — Cahiers de l’IhRf, 2012 p. 8, d’après le Bulletin des lois, n° 201 et 202.

Lors des séances des 12 et 13 fructidor an II, Bourdon fait partie de ceux qui, s’opposant aux accusations de Lecointre contre Collot d’Herbois, Amar, Barère, Billaud-Varenne, Voulland, David et Vadier, auraient déclarés que cette attaque ne visait non seulement la Convention mais la nation toute entière(15)cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, pp. 30, 34.

Membre à deux reprises du Comité de sûreté générale durant l’époque thermidorienne, il appuie la libération des anciens suspects, la suppression de l’indemnité de 40 sous versée aux sans-culottes et devient un adversaire acharné des anciens Jacobins après les soulèvements populaires de germinal-prairial(16)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146. Ruamps, le 6 germinal an III, avait témoigné de son ancienne proximité avec Bourdon de l’Oise, quand celui-ci était proscrit par Robespierre(17)cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards chap. VI, pp. 167-168.

Bourdon de l’Oise s’illustre ensuite par son acharnement à l’encontre des derniers Montagnards Châles, Choudieu et Romme(18)cf. J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 597. Elu sous le Directoire au Conseil des Cinq-Cents, il se rapproche des royalistes mais fut déporté à Cayenne après le coup d’Etat du 18 fructidor an V. Il y mourut l’année suivante(19)cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, pp. 146-147.

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Réferences   [ + ]

1. cf. Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 146 ; J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 596
2. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146 ; A ROBERT, E. BOURLOTTON & G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français (…) de 1789 à 1889 t. III, p. 340
3. cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution (…), t. XXX, Paris, 1837, pp. 345-346
4, 18. cf. J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 597
5. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146 ; Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, Paris, Plon, 1946, pp. 148-149, 223 (note 3)
6. cf. Albert MATHIEZ, Notes & glanes, AHRF 1927, pp. 166-167, d’après La vie au barreau, mémoires de P. N. Berryer, p. 123 & suiv. ; A. MATHIEZ, Girondins et montagnards, chap. VI, p. 154
7. cf. A. MATHIEZ, Divisions dans les Comités de gouvernement à la veille du 9 Thermidor, in « Autour de Robespierre », Payot, 1957, p. 169
8. cf. Réponse de Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier aux imputations de Laurent Lecointre (réimpression), in La Révolution française, revue d’histoire moderne & contemporaine t. XXXIV, 1898, pp. 65-66
9. Mathiez évoque un autre arrêté où Payan ne mentionnait pas ces deux noms, mais faisait figurer Léonard Bourdon dans sa liste de 4 députés, comme ce sera le cas dans une liste plus large donnée dans le courant de la soirée. Cf. A. MATHIEZ, Robespierre à la Commune in « Autour de Robespierre » Payot, 1957, p. 223 ( note 1), d’après A. N., F7 4432 ?
10. cf. P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, p. 223 ; P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV, p. 46 (note 1), d’après A. N., F7 4432, pl. 1, 40
11. cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, p. 587 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, 1861, pp. 338
12. cf. Archives Parlementaires, t. XCIII, pp. 590-591 ; Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXI, p. 340 ; P. SAINTE-CLAIRE DEVILLE, La Commune de l’an II. Vie et mort d’une assemblée révolutionnaire, p. 253
13. cf. Annie JOURDAN, Les discours de la Terreur à l’époque révolutionnaire in French Historical Studies, 2013, pp. 68-69 ( note 91), d’après Réimpression du Moniteur, t. XXI, Paris, Plon, pp. 447-448
14. cf. Annie JOURDAN, La Convention ou l’empire des lois — Le Comité de législation et la commission de classification des lois in La Révolution française — Cahiers de l’IhRf, 2012 p. 8, d’après le Bulletin des lois, n° 201 et 202
15. cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, pp. 30, 34
16. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, p. 146
17. cf. A. MATHIEZ, Girondins et montagnards chap. VI, pp. 167-168
19. cf. A. SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, pp. 146-147

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