AMAR

Jean Pierre André Amar

Age : Né à Grenoble, 39 ans en thermidor.

Adresse : 54 rue de la Ville-l’Evêque

Métier : Avocat

Fonction(s) : Elu député de l’Isère à la Convention nationale le 9 septembre 1792 ;

membre du Comité de sûreté générale depuis le 16 juin 1793

Amar au sein du Comité de sûreté générale

Il est à l’origine du décret d’arrestation des 75 députés Girondins ayant protesté contre les émeutes des 31 mai et 2 juin(1)cf. J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 517. Il voulut les mettre dans son rapport contre les Girondins du 3 octobre 1793, mais Robespierre s’opposa à ce qu’ils soient poursuivis(2)cf. AHRF 1955, R. COBB, Les témoignages de Rühl, p. 114 note 7, d’après la réimpression du Moniteur, t. XVIII, p. 37.

Dans « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », Lecointre reproche à Amar et Voulland d’avoir remis en mains propres à Fouquier-Tinville le décret excluant des débats et jugeant sur le champ tout accusé en rébellion contre les autorités. Ils répondaient ainsi à la requête du 15 germinal transmise aux comités de gouvernement par Fouquier, où les dantonistes réclamaient la comparution à leur procès d’une quinzaine de députés. Ils durent encore, avec Vadier et David, inciter les jurés, via Herman, à condamner Danton et ses proches(3)cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, pp. 20-21.

Avec Jagot, il fut chargé de remplacer presque la moitié des employés du Comité, congédiés suite au règlement du 20 germinal(4)cf. « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, 1979, Droz, p. 18 (note 7).

Avec Louis du Bas-Rhin et Voulland, il secondait Jagot dans la surveillance du Bureau des détenus(5)cf. AHRF 1985, M. EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794 pp. 300-301.

Leymerie, décrit par Lecointre comme un mouton, et le « secrétaire particulier d’Amar »(6)cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, p. 21, semble avoir été son instrument dans la conspiration du Luxembourg(7)Déclaration du citoyen Denis Julien, Rapport au nom de la commission de vingt-un, n° XXVI, p. 189.

Avec Voulland, il se rend à la Prison des Madelonnettes le 5 thermidor auprès des 70 députés Girondins incarcérés depuis plus d’un an. L’affaire sera rapportée à Payan et ils seront bientôt interrogés à ce sujet par l’administrateur de Police Teurlot(8) Cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, St-Just, Payan, etc., t.II, pp.367-370.

Dans la période qui précédait le 9 thermidor, quand Tallien se déplaçait avec une dague et Robespierre avec son escorte, Amar se serait armé d’une canne-épée(9)cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 127, citant les AN W501, fonds Fouquier?.

Dans son discours du 8 thermidor, Robespierre le cite nommément, ainsi que Jagot, dans un passage raturé(10)cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIII, p. 417 consacré à la critique du Comité de sûreté générale.

Amar pendant le 9 Thermidor

Il fait partie de la liste des factieux désignés par la Commune, aux côtés de Collot d’Herbois, Léonard Bourdon, Fréron, Tallien, Panis, Carnot, Dubois-Crancey (sic), Vadier, Javogue (sic), Dubarran (sic, cité deux fois !), Fouchet (sic), Granet, Moyse Bayle. Pour avoir « osé plus que Louis XVI lui-même, puisqu’ils ont mis en état d’arrestation les meilleurs citoyens », ils seront à leur tour « arrêtés pour délivrer la Convention de l’oppression où ils la retiennent. »(11)cf. A. MATHIEZ, Autour de Robespierre chap. X, p. 223, citant A.N. F7 4432.

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Réferences   [ + ]

1. cf. J. TULARD, J.-F. FAYARD et A. FIERRO, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987, p. 517
2. cf. AHRF 1955, R. COBB, Les témoignages de Rühl, p. 114 note 7, d’après la réimpression du Moniteur, t. XVIII, p. 37
3. cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, pp. 20-21
4. cf. « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, 1979, Droz, p. 18 (note 7)
5. cf. AHRF 1985, M. EUDE, Le Comité de Sûreté générale en 1793-1794 pp. 300-301
6. cf. L. LECOINTRE, « Les crimes des sept membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale (…) », an III, p. 21
7. Déclaration du citoyen Denis Julien, Rapport au nom de la commission de vingt-un, n° XXVI, p. 189
8. Cf. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, St-Just, Payan, etc., t.II, pp.367-370
9. cf. European Studies Review, 1975, Martyn LYONS, The 9nth Thermidor – Motives and effects p. 127, citant les AN W501, fonds Fouquier?
10. cf. P.-J.-B. BUCHEZ & P.-C. ROUX, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIII, p. 417
11. cf. A. MATHIEZ, Autour de Robespierre chap. X, p. 223, citant A.N. F7 4432

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