5 thermidor an II (23 juillet 1794, vieux style)

Prisons :

En matinée, Amar et Voulland, membres du Comité de sûreté générale, rendent visite aux 72 Girondins détenus à la prison des Madelonettes.

Au Tribunal révolutionnaire :

Les personnes prévenues pour la conspiration des carmes sont jugées et pour la plupart exécutées.

A la Commune :

Le maximum des salaires est promulgué.

Réunion plénière des Comités :

Les Comités de salut public et de sûreté générale s’étaient réunis une vingtaine de fois entre octobre 1793 et juillet 1794, principalement avant l’arrestation de personnages importants(1)cf. « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, 1979, Droz, p. 22 (+ note 12).

D’après le récit de Saint-Just (discours avorté du 9 thermidor), Barère (discours du 5 et du 7 thermidor), Robespierre (discours du 8 thermidor), Voulland (lettre envoyée à ses électeurs le 8 thermidor), Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Vadier (leur Réponse à Lecointre) et Rühl (son témoignage de germinal an III).

Robespierre se serait rendu à la réunion sur sommation de l’ensemble des membres des Comités de gouvernement selon Barère durant sa défense de germinal an III pour répondre de sa gestion du Bureau de Police générale, de ses dénonciations contre Fouché et de ses appels à purger la Convention. Pour Billaud-Varenne, ce fut Robespierre mandé pour exposer les motifs de son long éloignement, qui se mua en accusateur(2)cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, pp. 146-147. D’indéniables concessions ont également été faites par les deux comités de gouvernement pour encourager son retour : la remise en activité des Commissions populaires(3)cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, pp. 142-145 et la condamnation de l’entreprise de calomnie à l’oeuvre pour diviser le Gouvernement révolutionnaire(4)cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, pp. 145-146.
Selon Rühl, Saint Just fait un éloge de Robespierre qui est applaudi par Le Bas, puis propose de se remettre à l’établissement de la Constitution. Il aurait proposé pour résoudre les dissensions de donner le pouvoir à un seul homme, qu’il décrit à l’image de Robespierre(5)cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, p. 111 ; B. VINOT, Saint-Just, p. 312.
Robespierre aurait par la suite reproché à Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Carnot, Vadier, Amar et Jagot de l’attaquer. Alors que Carnot assuma son hostilité,  Collot d’Herbois et Billaud-Varenne l’auraient vigoureusement nié(6)cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, pp. 111-112. Ce dernier serait allé jusqu’à affirmer sa fidélité à l’Incorruptible. David se serait également exprimé(7)cf.G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard, ed. de 1989, p. 455.
Robespierre se plaint que les dénonciations concernant les membres de l’assemblée restent sans effet, et des tentatives de ses adversaires pour exciter les dissensions des Comités(8)cf. G. WALTER, La Conjuration du 9 thermidor, pp. 101-103.
Ses adversaires l’auraient accusé de vouloir faire juger les 72 Girondins(9)cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, p.112.
C’est à l’initiative de Billaud qu’un rapport aurait été confié à Saint Just(10)cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard, ed. de 1989, p. 456 ; G. WALTER, La Conjuration du 9 thermidor, p. 101 à 103 (Il est à noter que c’est en principe à Barère de rapporter et que cette manœuvre semble être à l’avantage de Robespierre et confirmer une volonté de réconciliation).
En contrepartie, Saint Just fait des concessions : il ne fera pas référence à l’Etre Suprême dans son rapport, et accepte même de signer un arrêté éloignant de Paris quatre compagnies de canonniers(11)cf. Albert MATHIEZ Girondins et Montagnards, ch. VI, p. 161.
Saint-Just aurait par ailleurs demandé qu’on fasse un rapport particulier sur Fouché, ce qui fut refusé par Barère(12)cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p.176, citant une Défense de Barère.
Pour faire suite à la décision prise la veille d’installer les quatre dernières commissions populaires chargées d’examiner les listes de détenus passibles du Tribunal révolutionnaire, le dernier article du texte est remanié : « Il sera fait un rapport à la Convention sur l’établissement de quatre sections ambulatoires du tribunal révolutionnaire de Paris pour juger les détenus dans les départements envoyés par les Commissions à ce tri­bunal » est remplacé par « Il sera pourvu à la nomi­nation des Commissions révolutionnaires qui paraîtront nécessaires pour le jugement des détenus renvoyés au Tribunal ». En se passant de l’examen de la Convention, la mise en place des Commissions populaires était donc accélérée(13)cf. Albert MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, p. 149.

A confirmer :

Robespierre aurait convoqué Saint-Just chez lui ce jour ou le lendemain, pour élaborer les manœuvres à venir(14)cf. S. ZWEIG, Fouché p. 129.

A la Convention :

Barère, le soir même, fait l’éloge de Robespierre, menace ceux qui veulent diviser le Gouvernement et annonce que des mesures ont été prises pour faire juger promptement les ennemis de la Révolution(15) Mathiez affirme que Barère s’est servi de l’affaire Legray pour amener ses collègues des comités de gouvernement à relancer les Commissions populaires, cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, chap. VIII, pp. 194-195.

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Réferences   [ + ]

1. cf. « L’Etat et sa police en France (1789-1914) », M. EUDE, Le comité de sûreté générale de la Convention, 1979, Droz, p. 22 (+ note 12)
2. cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, ch. VI, pp. 146-147
3. cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, pp. 142-145
4. cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, pp. 145-146
5. cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, p. 111 ; B. VINOT, Saint-Just, p. 312
6. cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, pp. 111-112
7. cf.G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard, ed. de 1989, p. 455
8. cf. G. WALTER, La Conjuration du 9 thermidor, pp. 101-103
9. cf. AHRF 1955 R. COBB, Les témoignages de Rühl, p.112
10. cf. G. WALTER, Maximilien de Robespierre, Gallimard, ed. de 1989, p. 456 ; G. WALTER, La Conjuration du 9 thermidor, p. 101 à 103
11. cf. Albert MATHIEZ Girondins et Montagnards, ch. VI, p. 161
12. cf. L. MADELIN, Fouché 1759-1820, p.176, citant une Défense de Barère
13. cf. Albert MATHIEZ, Girondins et Montagnards, Chap. VI, p. 149
14. cf. S. ZWEIG, Fouché p. 129
15. Mathiez affirme que Barère s’est servi de l’affaire Legray pour amener ses collègues des comités de gouvernement à relancer les Commissions populaires, cf. A. MATHIEZ, Girondins et Montagnards, chap. VIII, pp. 194-195

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